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 "Ballade" en haute mer

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Xune
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MessageSujet: "Ballade" en haute mer   Dim 22 Jan - 22:09

Bon, le départ était amorcé. A la barre, Xune manœuvrait précautionneusement pour sortir son navire adoré du port et dès qu’elle le put elle ordonna de sortir les voiles pour prendre un maximum de vitesse. Plus vite on s’éloignerait de là, mieux ca vaudrait. Ce fut avec un léger soulagement qu’elle se retourna pour voir le port de Nandis s’éloigner. Son équipage et elle-même n’avaient pas vraiment pu profiter d’un peu de repos après la nuit agitée qu’ils avaient passé, mais il valait mieux éviter de se frotter aux gardes de la cité. Xune avait presque un léger sourire aux lèvres. Une fois les manœuvres effectuées, elle laisse la barre à un marin et rejoignit son… invité sur le pont. La femme à la chevelure de neige, s’avança donc vers le vieillard décrépit et se posta face à lui, son regard fixé sur celui de son interlocuteur.

-Et bien, où voulez-vous que nous vous déposions ?

Bah oui, s’était bien beau d’accepter quelqu’un à son bord, mais il était important pour elle de savoir où le débarquer ! Xune n’avait pas l’intention de le garder à son bord pour le reste de sa vie d’homme. Oui, elle partait du principe que sa vie à elle ne serait pas écourtée de manière brutale et tragique, il fallait bien être optimiste de temps en temps. Quoi que… elle ferait peut être mieux d’éviter vu ce que venait d’hurler la vigie. Et dire qu’elle avait cru pendant quelques instants qu’elle pourrait avoir une traversée tranquille… Mais non, à peine le port quitté voilà qu’il lui retombait quelque chose sur le coin du nez ! La femme à la peau grise porta son regard dans la direction indiquée, s’attendant à voir un autre navire ou quelque chose dans ce genre… mais certainement pas ça. Pendant une ou deux secondes, elle resta comme envoutée avant de secouer brutalement la tête et de réagir de manière assez… brutale. Surtout lorsqu’elle entendit Falne.

-DÉJÀ ON SE CALME ET TOUT LE MONDE A SON POSTE !

Si son équipage pouvait arrêter de s’agglutiner pour voir la vague, ce serait un bon début, il serait peut être possible de sauver un tant soit peu la situation. La capitaine s’élança vers la barre, après avoir défait sa jambe de l’emprise du gosse et l’avoir renvoyé dans les pattes de Ludvic. Cependant, la mer s’agitait de plus en plus à l’approche de la vague. En temps normal, cela n’était pas un problème, cependant, une caisse mal fixée se détacha et traversa le pont, heurtant la jambe gauche de Xune au passage. Avec un léger grondement, elle évita se s’aplatir sur le pont et foudroya du regard la malheureuse caisse qui alla taper contre le bastingage.

-Ca va, y a rien !

Xune avait prononcé ces mots à l’encontre de l’équipage, notamment Randar qui n’était pas loin. Mais bon disons que la réalité été quelque peu… déformé. La caisse avait tapé fort et ça faisait mal, un mal de chien qui se propageait dans la partie inférieure de sa jambe. Elle avait presque l’impression de sentir du sang s’écouler. Génial donc, elle avait le sentiment d’accumuler les mauvaises choses comme d’autre font des collections de papillons. La capitaine renvoya néanmoins cette pensée dans le fond de son esprit et gagna la barre de son navire.

-Messieurs, tout le monde se tient prêt ! Je ne vous cache pas que la suite ne sera pas des plus agréables mais nous avons toute la chance possible avec nous ! Vous êtes des hommes aguerris, vous connaissez la mer depuis suffisamment longtemps pour savoir ce qu’elle peut nous réserver ! Le navire est solide ! Il a résisté à bien des tempêtes avec vous à son bord ! Cette vague n’est qu’un ennui de plus et je compte bien y survivre avec le Fëalókë morë et vous tous ! Alors n’agissez pas comme les couards que vous n’êtes pas et faites front ainsi que vous l’avez toujours fait !

Xune n’était pas certaine que son petit discours serve à quelque chose, mais si elle voulait garder un semblant d’ordre sur le navire, il fallait bien qu’elle se fasse entendre. Aussi rapide qu’il était, le navire n’arriverait jamais à prendre suffisamment de vitesse pour échapper à la vague, ce qui faisait également qu’il était impossible d’essayer de contourner. Garder le vaisseau parallèle au danger n’était pas bon non plus, cela servirait juste à coucher le navire… Les dents serrées, elle ferma les yeux et adressa, encore une fois, une brève prière à Kirenna. La déesse allait finir par en avoir marre, mais étais-ce la faute de notre chère amie si les ennuis lui tombaient dessus les uns après les autres ces derniers temps ?
Rouvrant les yeux, elle fixa son regard sur la vague et inspira un bon coup. Elle avait une idée sur la marche à suivre, mais elle n’était pas du tout convaincue.

-Messieurs ! Faites vos prières et au boulot ! Rabattez les voiles ! Coupez les cordages s’il le faut mais rabattez-les par tous les moyens possibles ! Et ensuite allez-vous mettre à l’abri !

Ceci dit, elle regarda quelques instants le mioche.

-Ludvic, descend avec le gosse, garde le avec toi. Je ne veux pas le voir sur le pont !

Elle avait un peu l’impression de passer le gamin comme on passerait une besace, mais pour l’heure, elle voulait surtout le savoir hors de danger, ou du moins, aussi loin que possible de la possibilité de passer par-dessus bord. Les yeux plissés, les dents serrées, la capitaine du Fëalókë morë guida le navire bien en face de la vague. Ce qu’elle faisait était totalement fou, inconscient et bien d’autres choses encore, mais s’était la seule idée qui lui venait en tête… et quitte à mourir en mer, elle préférait que ce soit face à la vague plutôt qu’en essayant de la distancer alors qu’elle savait la chose impossible. Les mains tenant fermement la barre, Xune ne dévia pas de sa trajectoire.

-Tout le monde dans les cales maintenant !

Et Xune dans l’histoire ? Et bien elle comptait rester à la barre. Il fallait bien quelqu’un pour maintenir le navire sur sa route et il était hors de question qu’elle laisse cette tâche à un autre.

-"…Les morts ne peuvent pas faire voile vers les mystères du funèbre Océan. On nous sonne, soyons fort et rentrons au port…"

Xune, capitaine du Fëalokë Morë, chantonnait doucement ces paroles, un mince sourire aux lèvres tandis qu’elle dirigeait son navire, les mains tenant fermement la barre…

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Levy Rackham
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MessageSujet: Re: "Ballade" en haute mer   Sam 11 Fév - 14:06

Décidément cette journée était riche en rebondissements, après plusieurs jours sur une vieille barque dans une mer agitée, Levy était contraint d’amarrer à la terre la plus proche, Nandis, une ville civile où un pirate n’avait pas plus d’une journée à vivre avant d’être pendu haut et court devant un peuple se moquant de la carcasse suspendue par le cou, se vidant de son urine et de ses selles en succombant, soit par rupture des cervicales, soit par strangulation. Le peuple évidemment préférait la seconde option, plus longue, plus douloureuse et donc tellement plus amusante ! Mais pour l’oiseau noir, « le transparent » comme beaucoup le nommait maintenant, il n’était nullement question de mourir ce jour là, pas pendu par une force impériale en tout cas. Il avait repéré une odeur le long du port, une odeur de femme mêlée à celle du roi, il s’empressa donc de les rejoindre, par un heureux hasard il avait été convié à monter à bord du navire avant de savoir comment s’y infiltrer. Peu de temps avait passé et il se demandait quand même ce qu’il faisait sur cette frégate, un ancien mutin, qui lui avait coupé une main, une femme qui menait le bateau et un gamin bizarre qui la suivait comme un chien, c’était vraiment le grand n’importe quoi sur ce rafiot. Dès lors il savait que le voyage allait être spécial, très spécial… mais cette femme n’était pas normale, déjà, elle était sombre, une elfe noire, ensuite, son odeur était mêlée à celle du roi, mais aussi à celle du sang et de l’acier, ce qui laissait supposer qu’elle voulait aussi la peau de cet abruti prétentieux, vu qu’elle semblait avoir croisé le fer avec lui et, vu l’odeur de ce sang, c’était le sien, donc elle aurait échouée dans sa première tentative.. Bref, le port était agité et du coup, les pirates se sont empressés de reprendre la mer avant l’arrivée des gardes de la cité, histoire de survivre quelques jours… où de ne pas briser une garde impériale dans un combat de survie désespéré.
Voilà, maintenant les compagnons, si on puit dire, était sur les flots, ce qui n’était pas étonnant pour des gens de leur rang. Le port de Nandis s’éloignait doucement, un soulagement pour l’oiseau noir. A peine eut-il eu le temps de se rendre compte qu’il naviguait toujours sur cette frégate, la dame noire était venue se planter devant lui, les yeux dans les yeux, pour lui demander où il voudrait descendre, devant une telle créature, vraiment belle, même si son statut de capitaine était une hérésie, il avait en premier lieu envie de répondre qu’il voudrait bien descendre dans la cale avec elle, mais que ses appartements seraient plus confortables. Mais il devait se souvenir que cette femme, aussi belle soit-elle et aussi méprisable que soit sa présence, surtout à ce poste, sur un navire, ici même, elle restait le capitaine du vaisseau, donc elle pouvait très bien le faire ramener à Nandis et le laisser y pourrir ou plus simple, le balancer par le fond avec un ou deux boulets de fer aux chevilles. Donc il reprit ses esprits et ne fit que répondre à la question, sans dévier sur son apparence plus qu’alléchante.

–Tesnü, j’ai affaire là-bas… et apparemment vous aussi, l’odeur du sang, du fer et l’odeur putride du roi plane sur vous. S’efforça-t-il à répondre sur un ton sec, pour ne pas laisser passer la moindre once de désir.

A peine le capitaine eut-il fini sa phrase que la Drow s’était retournée à l’appel de la vigie, des vagues agitaient la mer, et vu l’agitation montante et la forte odeur dégagée, les pauvres marins n’étaient pas au bout de leurs peines. La femme remit en place ses hommes d’une seule phrase, l’agitation de la mer eut un effet un peu plus contraignant pour celle-ci d’ailleurs, une caisse mal fixée étant venue frapper sa jambe de plein fouet avant de continuer sa route comme si la jambe n’était pas là. Pour la femme, il n’y avait rien, pour Levy, la jambe avait au moins une fissure, au pire une fracture, mais la fierté de la femme pirate ne laissera personne toucher à cette jambe pour vérifier, en tout cas pas avant que la situation ne soit améliorée. Elle se mettait à discourir à ses hommes pour les motiver et les rassurer dans leur tâche, ce discours permit au même moment d’apprendre à Levy le nom de ce magnifique bâtiment, le Fëalókë morë, mais il n’était plus temps d’admirer le navire, il fallait faire vite pour s’assurer une vie sauve. Les instructions fusaient depuis la bouche de la femme, mais pour l’oiseau noir, les réactions étaient tellement lentes à son goût… D’un mouvement sec il jeta son sabre dans une corde, qui fit chuter une des voiles et était bien décidé à laisser l’équipage faire tomber les autres, il alla donc simplement récupérer sa lame dans le mât. Le dernier ordre de la femme était clair, elle voulait que tous aillent se mettre à l’abri dans la cale, mais son honneur de pirate la poussait à rester à la barre, pour conduire ce noble vaisseau à travers la vague qui pourrait facilement, si elle la prenait mal, les tuer tous. Alors l’oiseau noir, dans un dernier espoir, n’avait qu’une solution en tête, la seule qui avait une chance de marcher.

– DE FRONT CAPITAINE!! C’EST NOTRE SEULE CHANCE! Hurla-t-il à la capitaine, bien que si elle était une bonne pirate, sans doute plus expérimentée que lui d’ailleurs, vu l’espérance de vie des Drows, qu’elle s’en douterait, mais se souvenait-elle qu’elle pouvait y laisser la vie sur ce coup?

La dame venait de donner un ordre à tous, à l’équipage comme à lui-même, mais bon, c’était un vieux borné et vu la blessure qui affaiblissant la jambe de l’elfe, donc ses appuis, ne lui serait pas favorable pour tenir bon devant cette vague, il monta donc rapidement à ses côtés à la barre.

–Si on m’avait dit que je risquerait un jour ma vie pour sauver une femme, sacrebleu! Ta jambe est affaiblie, si tu restes là seule, tu mourras, je resterais ici pour te soutenir s’il faut! Pas que je tienne à ta vie, femme, mais la mienne est en jeu également sur ce coup.

Le capitaine dit ça en attachant rapidement un cordage autour d’une jambe de la femme, qu’il attacha également au pied de la barre, le cordage était suffisant pour qu’elle ne soit pas éjectée par-dessus bord avec les secousses, mais elle pourrait le couper sans soucis après pour s’en libérer, et c’était justement bien le principe de cet acte.
Il ne restait plus qu’à espérer qu’ils s’en sortent maintenant, prendre la vague de front était la seule solution, elle coûtera cher matériellement, le bateau va être bien abîmé, mais au moins les personnes étant à son bord survivraient, mais la fin de la traversée sera difficile, vu l’état présumé du bateau après une telle déferlante. L’heure n’était plus à la prière, mais simplement à la survie, la dame était à côté, chantonnant un vieux chant pirate, que le capitaine repris d’une voix plus vive, pour le faire entendre à l’équipage dans la cale, en chant d’espoir nous pourrions dire. Il reprit dans la seconde phrase de la Drow.

–On nous sonne, soyons fort et rentrons au port ! reprit-il d’abord d’une voix faible, puis il amplifia son ton pour le refrain, pour que l’équipage reprenne en chœur, d’une seule voix. YOOOOHOOOO, SUR L’HEURE, HISSONS NOOS COULEURS ! HISSEZ HAUT, L’ÂME DES PIRATES, JAMAIS NE MOURRA!

Voilà, peut être un dernier chant d’espoir qui était enclenché, mais aussi une détermination à survivre plus vive que n’importe quoi emplissait le transparent, les chants éveillant son instinct de pirate et donc, ses ardeurs farouches pour trouver la survie dans les moments impossibles, tel que le moment actuel d’ailleurs. Restait à voir maintenant, la vie ou la mort ? La question restait présente, mais la réponse sera donnée bien vite…

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P.N.J
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MessageSujet: Re: "Ballade" en haute mer   Sam 17 Mar - 16:12


Dans un vacarme assourdissant, la déferlante poursuivait son infernale progression au sein même du domaine du récif. Enfant de Nyuulie, fureur des Sirènes, la vague avait été créée dans le seul but d'extrader Okoomi et Blizz jusqu'à Nandis. Mais peu soucieuse des victimes que sa création pourrait laisser derrière elle, la reine océanique se fichait complètement de ce qui pourrait advenir des malheureux navires se trouvant en travers du chemin qui séparait encore les exilés de leur destination. C'est pourquoi le monstre d'écume rafla tout sur son passage, rappelant dans le même temps que nul n'était le roi sur la surface des flots. Fort heureusement, l'égo de Nyuulie avait aussi ses limites, à savoir que sa vague n'avait pas pour vocation de raser Nandis, mais seulement d'y déposer les deux renégats surfant sur son dessus... Ainsi, sa puissance devrait être réduite à néant peu avant le port de ladite cité. À la suite de quoi, Shurini aura le feu vert pour se lancer à leur trousse afin de les exécuter !

Formant désormais une crête bouillonnante de colère, le mur d'eau s'apprêtait à finir en rouleau. Nandis n'était plus très loin, et comme prévu, la durée de vie de la vague dépendrait de cette distance. Toutefois, c'était sans compter sur la présence d'un navire, le Fëalókë morë, situé à tout juste quelques centaines de mètres de cette force implacable qu'affichait l'élément déchainé. Coupé de toute retraite face au monstre d'écume, la bâtiment n'avait d'autres choix que d'y faire face de front ! Une sage décision que l'on devait à Xune, la capitaine Drow épaulée par un certain Levy Rackham. Ensemble, ils étaient déterminés à braver cet énième danger qui se dressait devant eux. Priant Kirenna aussi fortement qu'elle maintenait la barre, l'Elfe noire ne prit même pas le temps de cligner des yeux... et pour cause ; la vague forma son rouleau à l'instant même où la collision se fit ! Toute la force de l'océan se fit ressentir sous les pieds des marins. D'abord soulevé tel un vulgaire bouchon de liège, le Fëalókë morë se "cabra" littéralement jusqu'à se retrouver en position verticale, avant de retomber lourdement pour ainsi s'enfoncer dans le rouleau meurtrier tout juste formé.

De là, une déferlante d'écume agrémentée de divers débris submergea l'intégralité du pont supérieur, noyant sur son passage Xune et Levy qui n'avaient pas quitté leur position sous peine de faire perdre le cap au navire. La douche fut terrible pour les deux pirates, car la force de l'eau n'était pas pour les ménager ! Cet enfer bleu dura, et dura encore... Pourtant, seulement quinze secondes se seront écoulées, mais pour les victimes de cet assaut, un quart de ce temps était déjà bien trop long... Le navire craquait de toute part, laissant croire à plusieurs reprises sa rupture pour les hommes se trouvant dans les cales. Et bien que Randar s'inquiétait pour son capitaine, il se refusa néanmoins à lui désobéir, se sachant plus utile à veiller sur les matelots, plutôt que de s'en aller la frustrer par sa présence indésirable...

La vague était passée, et même si elle n'était plus guère à sa pleine puissance lorsqu'elle s'abattit sur le Fëalókë morë, le chaos qu'elle laissa derrière elle n'en était pas pour autant amoindri ! Le pont du navire n'était désormais plus qu'une immense balafre sanguinolente. Des caisses éventrées, des cordages emmêlés et des lambeaux de voiles étaient tout ce qui restait de ce magnifique bâtiment. Mais la barre désaxée à présent vide de toute vie, laissait présager du pire... Où était Xune ?



Toute puissante qu'elle fusse, Umar ne put ni s'épargner le choc, ni même l'encaisser... La masse d'eau l'avait prise au dépourvu, et rien de ce qu'elle aurait pu faire n'aurait changer à sa situation du moment. Entrainée dans cette tourmente liquide, la sombre sorcière n'avait plus rien de la prédatrice qui avait su faire régner la terreur durant un demi millier d'années sur ce qu'il fut jadis le paisible village d'Elminswood. Les violents courants ascendants la faisait tour à tour sombrer puis remonter, et ce, jusqu'à ce qu'un second choc se produise ! Heurtant durement une surface rigide, le corps tout entier de la démone s'affaissa sur ce que l'on pouvait s'accorder à définir comme étant la poupe d'un navire. La balustrade empêcha la sorcière de se retrouver de nouveau à l'eau, ce qui n'était pas forcément de bon augure pour les possibles survivants du vaisseau. À savoir que déjà sa conscience lui revenait...

- Hmm... Gémit Umar, alors que le bruit du courant parcourant le pont allait en diminuant.

L'abdomen endolori et l'esprit embrouillé, La démone tenta à se relever... Elle se sentait lourde, comme si une enclume avait été placée sur son dos. Mais lorsqu'elle ouvrit les yeux, la première chose qu'elle vit fut le visage à moitié balafré d'une Drow. Les yeux clos de cette femme toujours vivante n'inspirait qu'une envie chez Umar ; le meurtre ! Et oui, même si groggy, cette vague n'avait en rien arranger son humeur, or, la seule chose qui était à même de la calmer n'était autre qu'une bonne vieille éventration dont elle avait le secret.

- Tu tombes bien toi ! Grogna la sorcière après s'être redressée.

Mais à la vue soudaine de la folle à lier accolée au dos de la Drow, Umar se reprit ! Mayufu ! Où était-elle ? La sombre sorcière balaya alors des yeux tous les environs, allant même jusqu'à tourner plusieurs fois sur elle même. Et c'est là qu'elle la vit... suspendue par une jambe sur le mât principal par une longueur de voile sur le point de rompre. À cette vue, la démone s'élança dans sa direction sans même se poser de question... Et heureusement, car à l'instant où elle arriva, le tissu se déchira dans un bruit très caractéristique, laissant tomber la fille de Bhaal directement dans les bras d'Umar. Mais la vague avait dû la secouer plus qu'elle ne le pensait, car lorsqu'elle posa son regard pourpre sur le visage livide de Mayufu, ce dernier se changea soudainement en une laideur que seul un homme décrépit était en mesure d'endosser ! Cette chose que la démone portait n'était autre qu'un déchet répondant à l'appellation de "pirate". Le laissant alors tomber lourdement sur le plancher avant de lui marcher dessus, Umar poursuivit sa recherche en la personne de son acolyte.

En temps normal, la sorcière n'aurait fait ni une ni deux, soit tuer tous ceux qui l'indifféraient. Seulement, revoir Mayufu en vie l'importait bien plus que n'importe quel acte barbare servant à sa distraction. Ainsi, déployant ses immenses ailes mouillées et froissées, Umar parvint non sans peine à prendre son envol afin d'avoir une vue sur l'ensemble du navire.


À son tour, Pheare se réveilla... Ses multiples blessures et son dos dépecé ne lui laissaient que peu de marge d'action, et pourtant, rien que le fait de revoir la calcinée suffit à lui redonner du punch ! Si l'humour lui était chose connue, la jeune démente n'aurait pu retenir un fou rire en contemplant la situation. Quand soudain ! Elle attrapa le charbon à la gorge, avant de rapprocher son visage du sien...

- Tu te souviens m'avoir laissé cette vermine dans ta cellule ! Lui dit-elle d'une voix dénuée de toute émotion. Je suis certaine que tu as bien meilleur goût que lui !

Mais alors qu'elle allait l'égorger à coup de dents, deux mains s'en vinrent tout à coup la saisir, avant de la faire s'envoler jusque dans la vigie, ou plutôt ce qu'il en restait ! Ce n'était autre qu'Umar, et non, elle n'avait pas agis dans le but de sauver une vie qui n'avait mais alors aucune importance pour elle. Seulement, après avoir vu cette folle en action, la sombre sorcière ne pouvait se permettre de la laisser aller à sa guise, au risque qu'elle ne tombe sur Mayufu avant elle, et qu'elle ne finisse ce qu'elle avait entamé. C'est pourquoi elle l'attacha vite fait au sommet du mât à l'aide d'une corde ramassée au passage.

- Toi, tu ne bougeras pas de là ! Vociféra Umar à l'égard de Pheare désormais saucissonnée.


Dans le même temps, après avoir compris que le plus dur était passé, Randar se permit de remonter, mais non sans avoir ordonné au préalable à tout le monde de rester ici bas. La vaisselle par terre et les tables retournées témoignaient encore de la violence du choc... Pressant alors le pas au fur et à mesure que son inquiétude grandissait pour son capitaine, Randar gravit les dernières marches le séparant du pont supérieur. Son imposante musculature lui permit de déplacer sans mal l'épaisse couche de débris qui obstruait le passage menant à l'air libre... Mais en poussant cela, il fit une découverte pour le moins surprenante. Une femme inconsciente au visage inconnu était prise en sandwich entre deux planches de bois. Toutefois, le second de Xune se refusait de s'y attarder, car à ses yeux, seul son capitaine était digne de son intérêt. C'est pourquoi il poursuivit son chemin, allant même jusqu'à marcher sans le voir, sur la chevelure bleue de cette dernière...

- CAPITAINE !!! Hurla t-il entre ses deux mains.

Trop pris dans ses recherches et ses appels, l'homme ne vit pas la démone tourner au dessus du navire tel un vautour survolant un champ de bataille. Il passa à côté du "transparent" sans même se soucier de son état... Randar ne lâchait pas, il scrutait chaque recoin, levait chaque planche, retournait chaque caisse... mais rien.

- XUNE RÉPONDEZ ! C'EST MOI, RANDAR !

- Randar ! Répondit assez fortement Umar depuis les cieux.

- Xune ? Crut l'homme, avant de lever les yeux au ciel.

À peine eut-il le temps de la voir que la démone s'abattit sur lui, le projetant avec force jusqu'à l'arrière du navire.

- La voilà ta Xune ! Et si tu t'avises ne serait-ce que bouger un sil, je la décapite devant toi avant de te faire bouffer ses restes !

Umar se tenait désormais là, debout au milieu de tous les gravats, les ailes déployées. Comme si elle était l'instigatrice de ce carnage. Sonné mais toujours présent, Randar décida de lui obéir... car se faire corriger de la sorte était pour lui une première. Surtout si il s'agissait d'un démon... Cependant, il ne put s'empêcher d'agir en toute discrétion afin de tirer son capitaine jusqu'à lui, et tenter comme il pouvait de l'aider.

Ce n'était facile pour personne ! Chacun avait ses propres soucis, mais la supériorité d'Umar réduisait à néant l'importance du malheur des autres. Qu'il s'agisse de Okoomi, méchamment blessée et coincée entre deux planches, de Blizz, ensevelit sous un tas de débris heureusement pas trop lourds. De Mayufu, enroulée dans de la voile restante sur le premier mât, ou encore de Pheare, attachée à l'endroit où devrait se trouver une vigie, ainsi que tous les autres en fond de cale, sans oublier Levy. Tout le monde avait ses problèmes, mais qui arriverait à convaincre Umar d'être plus souple ? Quand bien même L'Hybride revint à lui, il lui était impossible de se sortir seul de son carcan. Toutefois, en plus de ces nouveaux gens, un passager de plus était également à recenser ! Prisonnier d'une caisse au sein des vestiges d'un petit voilier situé à l'avant du navire, un chat miaulait...

[Annonce : Le chat est le familier de Mayufu, pas d'interaction possible sur ce dernier. Chacun peut poster quand il veut, mais veuillez vous MP au préalable afin d'éviter tout désagrément Exclamation]

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Xune
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MessageSujet: Re: "Ballade" en haute mer   Dim 25 Mar - 22:52

Prendre la vague de front était une folie, la plus belle idiotie que Xune pouvait faire de sa carrière. Plus le monstre d’écume approchait, plus ce genre de pensée envahissait l’esprit de la Drow qui, pourtant, ne fit même pas une esquisse de geste pour changer son cap. Les meilleure solutions sont parfois les plus folles et la femme à la chevelure de neige était obligée de reconnaitre qu’elle était dans cette situation.

Elle avait donné des ordres pour assurer, au minimum dans une telle situation, la sécurité de son équipage et de son… invité. Cela voulait dire qu’elle comptait que ses ordres soient respectés. Ce fut donc avec un grognement de mécontentement qu’elle constata que Levy l’avait rejoint à la barre. L’elfe noire lui aurait bien signalée, avec tout l’amabilité dont elle était capable bien entendu d’aller gentiment mettre ses fesses dans la cale, mais l’imminente arrivée de la vague faisait qu’elle se concentrait plutôt sur la direction du navire. Cependant, elle failli bien lui crier toutes les insultes de son vocabulaire bien fournie la seconde d'après. Non mais il faisait quoi l'animal là ?! Est-ce qu'elle lui avait demandé de l'accrocher à la barre ? Non ! Alors il se mêlait de ses affaires et il la laissait tranquille. Enfin, après quelques instants ou un combat intérieur se livra entre crier sur l'ancêtre ou pas, Xune reporta toute son attention sur le danger imminent. Les mains fermement cramponnée à la barre, Xune s’efforça de garder le navire droit et serra les dents lorsque l’écume leur tomba dessus. Tenir la barre était la seule chose qui occupait l’esprit de la capitaine du Fëalókë morë. Levy normalement à côté d’elle lui était sortie de la tête, tout comme son équipage et le mioche. La seule qui restait s’était elle et son navire, son navire qu’elle devait maintenir pour que tout ne soit pas complétement perdu. Ca s’était la théorie, mais dans les faits, les trombes d’eaux qui lui étaient arrivées dessus semblaient décider à la décoller de la barre du navire. Cependant, comme les marins, pirates ou non, le savent, c’est la mer qui gagne toujours ce genre du duel. Ce coup-ci ne fit pas exception et l’elfe noire finit par lâcher la barre tandis que la corde cédait, et elle valdingua vers l’arrière du navire, emportée par les flots. Coup de chance pour elle, le pire devait être passé et elle ne fut pas envoyée par-dessus bord.

Sonnée, et pas qu’un peu, Xune était cependant toujours sur le navire, même si pour le moment elle était hors service. Cet état ne dura cependant pas trop longtemps, heureusement ou malheureusement pour elle. Néanmoins lorsqu’elle commença à reprendre pied dans la réalité, ce fut pour sentir une main l’agripper à la gorge. L’elfe noire ne comprit pas la moitié des propos tenue, et n’eut d’ailleurs pas le temps d’essayer de le faire que déjà elle était lâchée et retombait sur le pont du navire.

Lentement, un peu trop à son goût d’ailleurs, l’elfe noire se mit sur le dos et passa une main sur le visage. Bon sang, elle avait l’impression de s’être prit trois fois le poids de son navire dans le coin de la figure. Elle n’avait pas encore ouvert les yeux et n’était même pas sûre de vouloir le faire. Cependant, la voix de plus en plus forte de Randar, signe qu’il se rapprochait, la convainquit qu’il pourrait être utile de voir dans quel état se trouvait le Fëalókë morë. C’était forte de cette résolution que Xune ouvrit les yeux et allait tenter de se redresser lorsqu’un… fracas, si on peut dire, faisant vaguement penser à un poids lourd atterrissant sur le pont du navire et surtout non loin d’elle lui fit cesser son mouvement. La drow tourna légèrement la tête et écarquilla légèrement les yeux en constatant que le poids lourd était Randar. Là, la question qui se posait dans sa petite tête était : qu’est ce qui a pu l’envoyer valdinguer ? La seconde qui suivit une voix inconnue raisonna, lui offrant donc une forme de réponse qui ne lui plut pas du tout. Là, il y avait une nouvelle interrogation qui s’affichait dans sa tête : mais dans quels ennuis s’étaient-ils encore fourrés bien malgré eux ?! Il y avait une seule bonne nouvelle à tout cela : les interrogations multiples permettaient à Xune d’affirmer qu’elle était toujours en possession de ses capacités mentales… ce qui était plutôt une bonne chance quand elle constatait que niveau physique elle se sentait aussi efficace qu’une humaine de 90 ans.

Bon, s’était pas tout, mais il fallait encore qu’elle parvienne à se redresser… et qu’elle signale à Randar qu’il n’avait pas besoin de l’éloigner de la «menace», même si elle ne savait absolument pas de quoi il ressortait puisqu’elle n’avait pas encore jeté un coup d’œil dans cette direction. Elle se dégagea donc de l’emprise de Randar et compta mentalement jusqu’à trois avant de se redresser et de manquer de se retrouver aussi sec par terre lorsque son poids fut, pendant quelques instants sur sa jambe blessée. Oui en toute franchise Xune avait légèrement oublié qu’elle s’était prit une caisse dans la jambe ce qui, visiblement n’était pas le cas de la dite jambe qui venait de protester contre le traitement qu’elle venait de lui infliger. La Drow retint donc difficilement un juron et se résolue à reporter son poids sur sa jambe valide. Ce n’était pas du tout une bonne chose s’il lui fallait se défendre pour une raison x ou y mais elle n’avait pas vraiment le choix. L’elfe noire porta finalement le regard sur ce qui avait menacé son second et se figea. S’était quoi CA encore ?!

*Mais par qui vous voulez, pourquoi on tombe toujours sur des trucs pas possibles ?!*

Gardant un œil dessus, Xune observa tout de même rapidement l’état du navire…. Et là, elle n’était même pas sûre que le terme désespoir soit suffisamment fort pour décrire l’état dans lequel elle se sentit. De ce qu’elle pouvait voir, le Fëalókë morë avait souffert… peut-être même trop. Quoi que dès que cette pensée lui effleura l’esprit, l’elfe noire la rejeta au loin et préféra se reconcentrer sur le problème immédiat : la… créature ailée en face d’elle. Comment s’était arrivée sur le navire, elle l’ignorait et préférait ne pas le savoir, mais si elle avait pu envoyer Randar dans le décor, elle n’était pas à prendre à la légère. Le problème était alors de savoir comment calmer le jeu pour limiter les dégâts… Xune gémit intérieurement. Elle sentait que les minutes qui allaient suivre allaient être longues, très longues et horrible… même si il ne s’agissait pas de se faire dépecer, il allait falloir trouver comment parvenir à euh… un terrain neutre ? Une forme d’accord ?! Mais elle était pirate elle nom d’un chien, pas diplomate, surtout pas diplomate ! Mais bon… quand fallait y aller…

-Nous ne sommes pas vraiment en état d’être une menace pour vous…

En disant ces mots, Xune lança un rapide regard vers Randar. Vu ce qu’il s’était pris un peu plus tôt, elle pensait qu’il ne ferait rien pour contredire ses propos, mais dans le doute…

-Je vous… propose donc ceci : vous… récupérez ce que vous voulez et vous nous laissez nous occuper de l’équipage et du navire… Pas d’attaques en traitre d’un côté ou de l’autre.

Non, décidément Xune n’était pas du tout convaincue par cette démarche mais elle se sentait encore moins capable de tenir de front, contre cette créature ou contre un humain normal. Elle tenait à peine debout correctement, n’osait pas imaginer ce que ça allait donner quand il faudrait se déplacer alors se battre ou autre était totalement exclus…

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Levy Rackham
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MessageSujet: Re: "Ballade" en haute mer   Mer 28 Mar - 21:46

La vague arrivait à une vitesse incroyable, le chant ne raisonnait plus dans les oreilles du capitaine, même son odorat semblait s’être arrêté de fonctionner, comme si cette vague était porteuse de mort à coup sûr, elle arrivait sur lui, juste sur lui, comme s’il n’y avait plus personne aux alentours, il se sentait plus seul que jamais, face à la mort.

Le choc fut d’une violence sans pareil, projetant tout ce qui n’était pas suffisamment attaché, comme par exemple Levy. Il fut projeté et ballotté comme une poupée de chiffon dans cette déferlante de puissance assassine, il ne pesait plus rien, il ne sentait même plus la douleur due à la compression oppressante de l’eau, sa vision faiblissait à une allure incertaine, quelques secondes tout au plus pour que sa vision soit éteinte elle aussi, comme le reste de ses sens. La dernière sensation qu’il eut fut le choc atrocement douloureux de sa colonne vertébrale contre un des mât du navire, l’enroulant dans une voile arrachée et le laissant suspendu par son pied restant à un morceau de corde emmêlé. Il était désormais inconscient, là haut sur ce mât de bois abîmé, avait-il été dans une situation aussi peu glorieuse au moins une fois dans sa vie ? Peut-être bien, oui, quand il avait perdu ses membres et encore, il n’était pas sûr lui-même que la situation ait été aussi peu glorieuse à ce moment de sa vie.

Toujours dans son inconscience, le bout de corde qui le retenait sur son perchoir la tête en bas céda sous le poids du Capitaine qui n’était pas vraiment un pois plume, même si loin d’égaler le poids du second de la Drow à qui appartenait ce navire. La chute, tête la première, se promettait d’être fatale au transparent, vu la hauteur de plusieurs mètres et l’angle, si le crâne n’explosait pas sur le pont, les cervicales seraient brisées avec les autres vertèbres déjà fragilisées par le choc quelques instants plus tôt. Il eut une chance incroyable en étant rattrapé in extremis par une nouvelle venue, totalement inconnue, Umar, démone et sorcière, mais femme quand même, pour Levy, femme et démon était bien proche, donc il ne ferait la différence que sur quelques détails physiques, comme les ailes ou les cornes, encore fallait-il qu’il rouvre les yeux. Umar qui ne semblait pas avoir rattrapée la personne désirée le laissa tomber sur le sol, dans un bruit sourd, comme si un tonneau de Rhum tombait sur le pont du navire. Tout semblait se passer si vite autour de lui, même s’il ne le voyait pas lui-même.
Un navire tout juste rénové, maintenant jonché de détritus, juste bon à être mis au cimetière si la volonté n’était pas forte pour le réparer, pitoyable état que celui de la magnifique frégate de la dame capitaine, Xune.

Quand les yeux de l’oiseau… plus mort que noir s’ouvrirent, le monde était trouble, totalement flou et la lumière du jour détruisait ses yeux. De plus, les périples des quelques instants précédents avaient endommagé son corps de bien belle manière, son être tout entier le faisait souffrir. Son dos était blessé, plusieurs côtes devaient être brisées et sa jambe de bois était grandement fissurée. Dans un gémissement de douleur et un juron à peine retenu, bien que très bas, trop abîmé pour le faire plus fort, il se remit à peu près assis, dos au mât duquel il était tombé. Malgré sa vision floue et son odorat encore insensible, il discernait de plus en plus les formes présentes sur le pont, au beau milieu du terrain post-apocalyptique qu’était le rafiot, une… chose incroyable était devant ses yeux, la démone qui lui avait sauvée la vie un peu plus tôt. Les ailes qui ornaient son dos déployées et apparemment les intensions peu amicales, elle ne venait sans doutes pas partager un verre de rhum. Xune semblait dans un état peu glorieux elle aussi, tenant debout sur une seule jambe, aux vues de sa position, Randar, la montagne de muscle, étalé à côté d’elle. Bon sang de bois, par tous les enfers ! Qu’est ce qui avait pu coucher ce colosse comme ça ? Ce n’était quand même pas cette créature démoniaque ? Si c’était bien le cas, mieux valait ne pas s’en faire une ennemie. Restait seulement à savoir si « ça » voulait bien laisser tout ce beau monde en vie et surtout s’il y avait un moyen de la convaincre de le faire.

*Par les Abysses, quel merdier ! C’est quoi ça ?* Avait pensé Levy pour le coup, en espérant ne pas avoir pensé trop fort.

La noireaude venait de parler à ce monstre, les paroles prononcées mirent du temps à prendre sens dans la tête secouée du vieux croulant, elle lui proposait de récupérer ce qu’elle voulait et de partir, sans tendre d’embûche d’un côté ou de l’autre. En même temps, les problèmes ne seraient sans doutes pas pour la bestiole imposante par le charisme qui se trouvait là, si elle avait allongée sans le moindre soucis un monstre colossal comme Randar, elle ne ferait qu’une bouchée des membres de l’équipage, et vu leur état, de Xune et Levy aussi. La partie n’était pas gagnée.

Se hissant sur ses jambes avec beaucoup de difficulté, l’esprit embué par la douleur, le sang lui remontant même dans la bouche, sans doute blessé par une côte enfoncée, il avança vers Xune, prudemment pour ne pas achevé sa prothèse et en boitant douloureusement car blessé. Une fois près d’elle, il lança rapidement un autre regard analyseur autour de lui, quelle anarchie… tout était sans dessus dessous. Son corps tremblait légèrement, contraint à respecter le prix de son orgueil pour rester près du capitaine un peu plus tôt, le prix plutôt élevé pour une de ses unique bonne action. Il cherchait encore des mots, qu’il tenterait de prononcer pour montrer qu’il était lui aussi bien disposé à obtempérer, étant totalement incapable de se battre pour le moment.

–Nous ne représentons pas la moindre menace, nous n’en sommes vraiment pas en état. Prenez ce que vous voulez récupérer, mais laissez ce bateau finir sa traversé, nous n’en voulons pas à votre vie ou je ne sais quoi qui pourrait vous être précieux, nous, nous voulons juste rejoindre terre, réparer ce rafiot et surtout… nous remettre sur pieds nous même.

Chaque mot était douloureusement prononcé, en plus de le faire physiquement souffrir, il devait se battre contre son égo et se rabaisser… en parlant à une bestiole qui semblait être en plus de ça une femelle. Il était bien bas, mais trop endommagé pour s’amuser de son arrogance habituelle, il tenait à peine debout.

Dans un regard autour de lui, tremblant de plus en plus, ses yeux se troublant à nouveau, il sentit son corps vaciller, tituber, puis tomber sur le dur sol du bâtiment. Les yeux embués à nouveau, la respiration de plus en plus difficile. Il était réellement dans un état critique, le choque j’avais blessé de part et d’autres et son âge avancé ne l’aidait pas, il regrettait, que dis-je, maudissait tous les jours le fait de ne plus avoir vingt ans. Tout autour de lui était trouble, les silhouettes sur le pont tremblant comme si elles dansaient, il reperdait connaissance, une fois de plus. Le sang coulait de son torse, enfin, juste sous les côtes, une d’elle ayant, dans la dernière chute, trouée la chaire, se mettant du coup à nue et laissant apparaître sa forme pointue, fissurée et blanchâtre aux yeux de tous.

La situation était critique et les évènements peu favorables pour Levy Rackham. Survie restait pourtant son maître mot, il serait capable d’affronter la mort plusieurs jours même dans cet état là, juste parce que sa volonté est plus forte que son corps. Il n’avait pas dit son dernier mot et était bien décidé à soigner ses blessures avant d’aller terminer sa quête, accomplir son but, régler son compte à ce sale jeune de roi pirate ! En attendant, le vieux capitaine était dans les vappes, dans un monde parallèle pourrait-on dire. Tout ce qu’il entendit en perdant connaissance n’était pas une parole prononcée là, mais une voix venue de son passé, une voix plus lointaine que son dernier souvenir, la voix de sa mère, lui disant simplement « Bonne nuit mon petit Levy, fais de beaux rêves mon poisson. » Sur cette dernière image d’une femme magnifique, à la longue chevelure rousse et bouclée et aux yeux verts, sa mère, celle qu’il avait appelé « maman » pendant des années, une larme coula sur la joue du vieillard, dernière acte de la part du pirate avant de sombrer pour de bon dans un coma plus ou moins profond.

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MessageSujet: Re: "Ballade" en haute mer   Ven 30 Mar - 22:24

Quel dilemme ! Okoomi était coincée dans la bulle de Nyuulie, et assistait à l'effroyable avancée de la vague. Et l'horreur se fit vite voir à l'horizon : un bateau était pile sur la ligne de mire de la vague. Elle cria mais les bruits des vagues couvraient sa voix. Avec frayeur elle vit rapidement que la vague n'allait pas contourner l'obstacle. Coincée,, elle vit tout de même des gens s'agiter sur le pont du navire. A priori, il s'agissait d'un bateau pirate. Mais Okoomi n'était pas du genre à tuer à vue les pirates qu'elle rencontrait. Aussi essayait-elle vainement de chercher comment sauver le maximum de personne de cette vague. Elle n'eut que peu de temps pour réfléchir car déjà la vague s'écrasait contre la proue du navire. Elle vit avec horreur des caisses voltiger dans tous les sens, des lames d'eau passées par dessus bord. Et puis plus rien. Ce fut le trou noir. Une caisse s'était détachée, et était entrer en contact avec le dos d'Okoomi. Le choc lui fit perdre connaissance.

Après quelques secondes, elle reprit ses esprits. Elle était coincée sous une pile de caisse, et quelqu'un lui marchait sur les cheveux. Heureusement, elle n'avait pas été repérée pour le moment. Son sort de soin se déclencha presque immédiatement. Une légère aura dorée apparut alors, et les blessures se refermèrent assez rapidement. Après quelques minutes seulement, elle était de nouveau indemne, coincée, mais vivante. Elle analysa alors la situation : elle se trouvait sur un bateau inconnu, en compagnie de marins choqués par la vague, une voix résonnait un peu plus loin, ordonnant çà et là quelques manœuvres, surement destinées à remettre le navire dans sa direction d'origine. Elle vit encore deux trois caisses passer et s'écraser sur le bastingage de l'esquif. Mais cela ne résolvait pas pour autant son affaire. Elle prit un moment pour penser à sa situation. Et à Blizz. Qu'était-il devenu ? La dernière fois qu'elle l'avait vu, c'était à ses cotés, surfant tant bien que mal sur la montagne d'eau. Mais pour le moment, bien que Blizz la préoccupe au plus haut point, elle vit un autre homme, visiblement blessé et inconscient. Désormais sous sa forme humaine, elle regarda ses vêtements en lambeaux, avant de se quérir de l'état du blessé. Son pouls battait encore, donc il était encore en vie. Mais comment le soigner ? Il y avait surement quelques pansements et autres onguents sur ce navire. Elle ne pouvait pas distingué d'autres personnes, coincée dans l'enchevêtrement de caisses. De ce fait, appeler à l'aide pour le moment ne lui semblait pas opportun. La seule personne que pouvait distingué Okoomi était ce corps allongé, visiblement mal en point.

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MessageSujet: Re: "Ballade" en haute mer   Mar 17 Avr - 18:56

Au Large de Nandis : Ici !

Elle venait de tirer son carreaux, filant à toute allure sur sa cible, s’apprêtant à lui transpercer le crâne avec violence. La fille aux yeux rubis était sûre de son coup, cûre qu’elle allait l’avoir cette fois-ci. Mais que d’illusions… ! Rien de cela ne se fit. Pheare, encore une fois, démontra ses talents et esquiva juste à temps le projectile qui la frôla en laissant une coupure sur sa joue. Le carreaux termina sa route sur l’indésirable : La sirène qui soutenait le cadavre hors de l’eau. Celle-ci, elle ne l’avait pas ratée… Direct dans le front, tuée sur le coup et proprement d’ailleurs. La pauvre n'avait pas eu le temps de comprendre quoi que ce soit... tout venait de basculer dans le noir pour elle. Ses mains lâchèrent prises et elle tomba à la renverse pour s’enfoncer dans l’eau, lentement. Laissant son sang se répandre telle de l’encre. Libérant la folle par la même ocassion, replongeant dans l’eau afin de reprendre son assaut sur la Fille de Bhaal. Mayufu ne pouvait rien y faire, elle n’avait plus de carreaux et sa faux était désormais inatteignable et ne voyait rien qui pourrait l’aider pour se défendre. Il faudra qu'elle ne compte que sur ses pouvoirs plus qu'autres choses désormais.

- Je te jure… pesta-t-elle en serrant les poings, observant la surface de l’eau rougeâtre. …tu ne m’auras jamais !

À peine avait-elle finit sa phrase qu’un coup violent frappa le dessous de la planche où elle se tenait en équilibre. C’était sans nulle doute Pheare qui s’était lancée à l’assaut, désireuse de la faire sombrer dans les profondeurs, là où elle ne pourra rien y faire. L’égorger vive, l’étrangler, la vider de son sang… elle serait à la merci de la folle si elle se faisait avoir par ce genre d’attaque ! Mais manque de chance… elle perdit l’équilibre suite au coup donné à la planche pour tomber sur sa droite, s’étalant sur la surface du bois humide avant de glisser à l’eau. Tout ce qu’il n’aurait jamais dû arriver ! Vite, vite, viteeee ! Mayufu tenta de remonter rapidement à la surface pour s’aggriper à la planche et remonter dessus avec beaucoup de mal. Plantant ses ongles dans le bois, les échardes lui arrchant des grimaces, ensanglants le bout de ses doigts. Mais elle finit par y arriver mais craignait que la folle vienne la retirer dans l’eau…

*Je n’y arrive pas dans ces conditions…*

Se retournant sur le dos pour se relever, la respiration bruyante, cheuveux plaqués sur le visage, le teint plus pâle que jamais, quelque chose la paralysa complètement. Un son sourd, immense… l’eau devant elle semblait se retirer loin d’elle et relevant la tête, Mayufu découvrit le pire qu’il pouvait réellement se passer ici ! Mais ceci pourrait, avec une chance hors du commun, être une échappatoire pour elle : Une vague à la taille terrifiante, capable de raser des kilomètres de côtes terrestres… Elle tenta d’appeler Umar, mais rien ne sortit. La peur était trop grande. Jamais elle n’avait ressentit cela depuis un moment. La prenant clairement aux tripes, la Fille de Bhaal recula d’un pas, glissa et retomba à l’eau avant de se faire emporter à son tour par la déferlante titanesque. Il ne fallut que quelques secondes pour qu’elle ne perde conscience, prise en otage dans les secouses et les lames de fond, elle espérait qu’elle n’allait pas mourir de la sorte. L’obscurité finira par s’emparer d’elle, lentement, comme si elle voulait abréger la peur qu’elle éprouvait, emprisonnée dans une telle puissance de la nature qu’était cette vague…

Le réveil ne se fut que plus douloureux quelques minutes plus tard…

"Ballade" en Haute-Mer :

Des craquements… de long et éternels craquements… les traditionnels craquements d'un navire tanguant sur l'eau... Se sentant bercée tendrement, comme dans les bras d’une mère portant son enfant… quelque chose l’enveloppait, c’était… doux ? rassurant ? Elle ne ressentait plus rien… quelque chose… elle se trouvait dans quelque chose. Ses doigts craquèrent, une douleur la foudraya du bout de ceux-ci, les plaies étaient vives et douloureuses. Se forçant à bouger son bras, elle pu se convaincre, elle était dans une sorte de… cocon ? Si l'on pouvait appeler cela ainsi. C’était bizarre… Sa main tentant d’appuyer dessus, forçant même, ça ressemblait à une toile… une douce chaleur la caressait et elle ouvrit doucement les paupières, non pas sans mal, pour se laisser éblouir par les rayons du soleil traversant cette toile blanche autour d’elle. Au moins, elle était en vie, elle le ressentait par les nerfs qui lui rappelait les multiples coups qu’elle s’était pris quelques instant auparavant durant son combat et le voyage quelque peu tumultueux avec la vague.

Des tâches rouges parsemaient la toile ici et là et des voix finirent par parvenirent aux oreilles de la jeune fille qui se força à se réveiller plus rapidement. À l'aide de petites claques et des étirements. Les voix... Elles étaient difformes, elle ne les comprenait pas. Mais un son distinct et violent la fit sursauter. Comme si quelque chose, ou quelqu’un, avait été jeté sur un mur ou autres choses du même genre. Le sursaut qui s’ensuivit lui fit sortir la tête de son cocon et elle aperçu bien vite qu’elle était suspendue dans le vide et s’accrocha fortement à la toile pour se stabliser. Restant immobile… fixant le sol avec surprise… Une brise caressa son visage et sa longue chevelure noire était trempée, la frange plaquée à son visage ensanglanté. Se tenant tant bien que mal à son perchoir, estimant la hauteur de chute de trois mètre au moins. Elle aurait pu se faire un peu mal…

*Je suis... sur un navire… Et Umar, où est-elle ?*

- Umar… Umar ?! Où es-tu ?!

Apparemment personne ne l’entendait de là où elle était. Soit trop de monde mort, sonné ou trop occupé pour se remettre de leur choc. Mais des voix se firent à nouveau entendre un peu derrière elle. Réalisant bien assez vite que la voix qu’elle entendit en dernière était celle de la sorcière. Ferme et sévère, elle lança des menaces à d’autres personnes qui étaient présentes sur ce même navire. D’un petit mouvement accrobatique, sans prendre conscience du risque, elle se pencha en avant, tête à l’envers pour voir ce qu’il se passait derrière elle. Sa chevelure pendant comme des lianes, elle aperçut son amie, en imposant terriblement, discutant avec d’autres inconnus semblant très mal en point eux aussi.

Mais patatrac… Une douleur aigue lança la jeune pyromane sur toute la longueur de sa colonne vertébrale et elle lâcha prise ou du moins, la toile qui était en fait le voile d’un mât qui lui échappa des mains et elle tomba en avant, piquant un petit cri de suprise. Ce fut son pied qui la sauva cette fois-ci, pendue à une corde reliée par ici à on ne savait pas quoi… Elle eu très chaud, elle pouvait toucher le sol du bout des doigts en restant suspendue ainsi mais ce ne fut pas bien long. La gravité n’appréciait pas cela et le poids de l’humaine la fit tomber sur le pont du navire dans un petit bruit sourd.

- Aie… Gémit-elle en se redressant, secouant légèrement la tête pour s’agenouiller et voir le groupe de personne pas loin d’elle. Sa vision se floutant légèrement suite à la chute…

Reprenant son souffle en inspirant de bonne bouffée d'air plusieurs fois, la Fille de Bhaal observa ses mains. Le bout de ses doigts étaient parsemés de coupures et déchirures, le sang avait séché. Inspectant son corps, elle trouva des blessures sous formes de plaies un peu partout mais rien de bien grave... heureusement d'ailleurs ! Ce n'était pas trop compliqué à soigner alors elle laissa son sort de soin l'envelopper doucement, les flammes ne firent pas intenses afin de ne pas attirer l'attention, pour pouvoir cicatriser les petites plaies et autres blessures. Deux petites feux follets se mirent à lui tournoyer autour tout en caressant les blessures pour les soigner et la traversant pour faire de même avec toutes les petites fractures des os. Petit à petit, elle se sentant un peu mieux, revigorée. Mais elle se devait de faire attention de ne pas trop forcer par la suite... Les flammes disparurent alors, dévoilant la jeune fille.

C'est alors qu'elle se redressa, posant une main sur un tonneaux à côté d'elle qui ne devait probablement pas se trouver ici avant la catastrophe, afin de s'y aider pour se mettre debout. Un petit vertige passager et elle pouvait se rapproche du groupe qu'elle analysa avec soin. Un gros baraqué se tenait à côté d'une femme à la peau sombre, une Drow, et qui semblait parler à Umar. Et un autre homme, un vieux à voir son état, affalé contre un poteau et qui semblait complètement hors du monde réel. Autour d'eux c'était le carnage. Ici et là, il y avait des tonneaux et des caisses, de reste des voiles déchirées et tout autres débris en bois ou métal... Mayfu s'en fichait bien, tout ce qui comptait pour elle, c'était Umar. Il y avait même un miaulement en fond, vers l'avant du navire qui l'interpella mais bon... elle n'en porta pas trop d'importance. En bref... le navire était dans un état pitoyable !

- Décidément... elle n'a rien épargné cette vague. Se murmura-t-elle froidement à l'égard de la vague qui était désormais plus que du passé.

La frustration d'avoir été humiliée par Pheare, d'avoir probablement déçu la sorcière des ténèbres de par ses prestations laissant à désirés, sentant sa proche mort qui ne se comptait désormais plus qu'à une dizaine d'heures presque... tout cela créa un certains sentiment de haine chez la Fille de Bhaal qui se mordit la lèvre inférieure, retenant des pulsions de meurtres. Observant le dos de son amie, elle voulait courir dans sa direction et la prendre dans ses bras. Mais elle avait aussi peur de ce qu'elle était devenue depuis son duel. Elle n'avait clairement pas été à la hauteur, elle n'avait pas été elle-même... Frappant fortement le poteau du mât auquel elle prenait appui, elle ragea intérieurement en s'insultant de tous les noms possibles pour enfin se diriger vers Umar et les autres. Sur son passage, elle poussa violemment, ou jeta, diverses caisses qui lui barrait la route. En même temps, elle se défoulait un peu contre, c'était pas plus mal pour la calmer... Pour ensuite se positionner juste devant la sorcière. Son instinct de protection avait parlé. C'était débile, dans la mesure où ils n'étaient clairement pas une menace pour elle ni même dans un état pour se battre contres elles. Mais elle se tenait là, fixant le regard de la Drow se tenant devant elle.

- N'approchez pas ou je vous démembre ! Lança-t-elle sèchement, ignorant totalement le contenu du dialogue qu'ils tenaient entre eux juste avant son intervention.

De toutes manières, conflit ou pas, elle s'en fichait. Elle était sûre d'elle pour le coup et ne ferait plus les mêmes bêtises que contre Pheare ! On pouvait dire que ça lui avait servit de leçon. En espérant qu'elle se soit un peu améliorée et qu'elle sera un peu plus réfléchie à l'avenir avant de se lancer au combat et détruire son seul moyen de rejoindre le domaine de Nyuulie... M'enfin, n'en parlons plus désormais. Elle pouvait recommencer à partir d'ici, sur ce navire certes en état d'agonie, mais qui pouvait encore être utile pour une dernière tâche. Se tenant toujours immobile face à Xune, la dissuadant de tenter quoi que ce soit d'un regard profondément noir. Que ce soit contre Umar ou elle-même. Lui faisant comprendre que si elle tentait quelque chose qui la ferait se sentir en danger, Mayufu serait sans la moindre pitié pour toutes personnes se trouvant ici hors Umar. A eux de faire attention désormais... ils avaient devant une bombe à retardement que seul Umar pourrait calmer.

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MessageSujet: Re: "Ballade" en haute mer   Jeu 19 Avr - 23:49

Dans quel pétrin le jeune homme s'était il encore fourré. Il était encore incapable de le dire, la seule chose qu'il savait c'est que les sirènes en avaient à présent après lui. Mais elles pouvaient proposer ce qu'elles voulaient, Blizz ne laisserait pas tomber Okoomi, elle lui avait sauvé la vie que trop de fois. Après la colère de la créature marine, il s'était retrouvé dans une bulle portée par une vague, mais il était rassuré il pouvait toujours voir Okoomi de là où il était. La vague les avait porté sur une bonne distance, quand il avait remarqué ce bateau. Le bateau! Mais qu'est ce qu'il faisait là ce lui là!

Les yeux du jeune homme comprirent immédiatement ce qui allait se passer. La vague écraserait le navire. Il aurait voulu aider et prévenir comme à son habitude, mais il n'en pouvait rien. Il avait eu alors ce réflexe tout à fait animal, qui est de se mettre en boule pour se protéger. Blizz savait parfaitement que le choc serait brutal, et ça n'avait pas loupé. Porté par les eaux il avait percuté de plein fouet le bois du navire, et dans les éclats de la percussion où se mélangeaient eaux, bois et individus, il ne comprit pas grand chose à la vie. Il avait alors fermé les yeux et perdu connaissance.

Lorsque ses yeux s'ouvrirent, et ne virent rien, il se demanda immédiatement s'il n'était pas mort. Alors il tenta de toucher son corps mais du se rendre à l'évidence, il était coincé. Écrasé par les débris de l'impact il était incapable de se mouvoir. Blizz n'eut alors qu'une pensée, qui allait à Okoomi, il espérait sincèrement qu'elle aille bien. Il s'en voudrait tellement que sa princesse aux cheveux bleus disparaisse. C'est alors qu'il prit conscience de la réelle situation dans laquelle il se trouvait. Un liquide chaud et poisseux coulait sur son froid, il su immédiatement qu'il s'agissait de sang. Il devait être entaillé sur une grande partie du corps. Il ne trouva qu'une solution pour sortir de là, appeler de l'aide. Il poussa une long hurlement qui ressembla étrangement à celui d'un loup. Celui ci porterait surement assez loin pour attirer l'attention de sa compagne de mésaventure...Enfin il l’espérait du moins...

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MessageSujet: Re: "Ballade" en haute mer   Lun 23 Juil - 19:14


N'avez-vous jamais ressenti une haine qui vous était impossible d'extérioriser ? Bien sûr que si, mais pour Umar ce sentiment d'impuissance était tout nouveau... Alors que son instinct la poussait au massacre, sa raison quant à elle lui hurlait de ne rien en faire ! La question se posait alors ; pourquoi une démone comme elle se refuserait à saigner toutes ces maudites larves ? Durant un instant elle se dut de réfléchir, car avant cela, ce type d'hésitation ne lui était encore jamais arrivé ! Et bien que sans en être vraiment certaine, la sombre sorcière songeait au fait que ces mortels pourraient leur être d'une certaine utilité. Oui, leur, car il ne fallait guère omettre que Umar formait un binôme avec Mayufu. De plus, si cette immense masse liquide qui s'était abattue sur elles était une démonstration de la puissance de Nyuulie, les pouvoirs seuls de la démone ne suffiraient en aucun cas pour la vaincre, à commencer par la déloger. Et pour cause, si sans la moindre difficulté cette entité parvenait à faire se mouvoir l'océan selon son bon vouloir, il fallait être en mesure de pouvoir y faire face ! Quoi qu'il en était et quoi qu'il en adviendra, Mortimer se devra d'en répondre... car jamais Mayufu n'aurait pu réussir ça d'elle-même !

Cependant, malgré son intense réflexion et lutte contre son instinct dévorant, Umar sut prêter oreille aux dires de la barrique éventrée ainsi que de la Drow au regard plaintif. Et tout ce qu'ils surent lui dire, c'était qu'ils n'étaient pas en position de représenter une quelconque menace pour elle et ses possibles alliés... (Minute de silence) Ahaaa... ahaaa... ahaaa... vraiment très drôle ! Croyaient-ils vraiment que même en pleine santé ils seraient de taille contre elle, de jour comme de nuit ? Ces misérables ne manquaient vraiment pas d'humour.

- Tais-toi, CHIENNE ! Rétorqua spontanément la sorcière. Si tu dois crever, alors tu crèveras ! Et je te conseille de faire silence au même titre que ton laquais... Poursuivit-elle en désignant la barrique du pied. Tu auras besoin de toutes tes forces pour hurler si j'en viens à t'étriper !

Umar se trouvait trop gentille... et ça la rebutait sévèrement ! Mais c'était soit éprouver ce sentiment de honte, ou bien faire le deuil de son acolyte. Des deux, elle préférait encore choisir le moindre... D'ailleurs, en parlant d'acolyte, voilà que cette dernière refaisait surface. Plus téméraire que jamais, Mayufu ne perdit pas une seconde avant d'abreuver son piètre auditoire d'une vocifération qui selon les yeux d'Umar, n'avait pas lieu d'être ! Convaincue que la présente colère de la jeune femme était érigée par son échec face à la démente, la sombre sorcière n'avait alors d'autres solutions que de lui rabattre son caquet ! Le bagou plus grand que le moteur ça allait un temps, mais tant que la fille de Bhaal n'aura pas prouver sa valeur à celle qu'elle chérissait, elle devra se contenter de l'écraser !

- Chhhut ! Siffla t-elle en y ajoutant un son pour le moins étrange, le genre de bruit que l'on peut faire en claquant sa langue contre son palais. Puis en se rapprochant doucement de Mayufu, Umar lui chuchota... Après la vallée, puis le navire avec la cinglée, je pense que ça serait dans ton intérêt de te faire toute petite... Maintenant hors de ma vue !

Curieuse façon de se montrer inquiète, mais la sombre sorcière restait une démone, et ce quoi que l'on puisse en dire. Par ailleurs, maintenant que tout était en ordre dans l'esprit d'Umar, les actions pouvaient s'en suivre !

- TOI ! Reprit-elle soudainement en se retournant face à la Drow. Tu sembles être à la tête de ses vestiges, alors je vais t'offrir un choix tout simple ; Ou tu commandes ta horde selon mes désirs en m'en tenant compte directement, ou bien je plante ta tête sur ce bout de bois et l'agiterais en tant que nouveau pavillon afin de tous les soumettre à ma volonté ! Décide-toi et vite, car la patience n'est vraiment pas une de mes vertus !

Sans même n'avoir eu encore de réponse, Umar s'était déjà afféré à la récupération de l'épieu en question. Quant à la suite, seule l'Elfe déchue en connaissait l'issue.


Plutôt déçu par sa prestation, Randar s'était muré dans un silence de plomb... et pour cause, il n'était pas certain de survivre à un autre vol plané de ce genre. Quand bien même son corps s'en sortirait, sa fierté quant à elle serait à jamais balafrée par ce souvenir, à la suite de quoi, il préférera encore se pendre à une bite d'amarrage plutôt que de vivre avec ! Fort heureusement, son capitaine était beaucoup plus réfléchie, car parvenir à mettre son orgueil dans sa poche afin d'assurer un possible avenir à tout le monde, Randar s'en savait incapable. Mais ça lui faisait quand même mal aux... de la voir se rabaisser de la sorte.

-*Je ne manquerai pas l'occasion de lui tordre le cou à celle-là !* Songea t-il depuis sa position horizontale.


Depuis la cale, la peur y était presque palpable, mais qu'avait-il bien pu se passer crénom de nom ?! En revanche, le mioche quant à lui, inconscient du danger qui pouvait opérer en surface, décida de fausser compagnie au charpentier qui en avait jusqu'alors la garde. Trop soucieux à chercher ses éventuelles blessures, son chaperon ne remarquera même pas son absence, ainsi le gamin n'eut aucun mal à se faufiler par là où avait pu passer le gros bonhomme un peu plus tôt... Maman lui manquait, c'était pourquoi son instinct le poussait à la retrouver. Ce n'était pas facile du tout à escalader tout ça, mais à force de persévérance, le mioche déboucha sur la "porte" qui donnait sur l'extérieur... Mais à peine eut-il le temps d'y poser son triste regard, qu'une soudaine chevelure lui apparut alors.

- Ma... man... ? Se demanda t-il tout haut en voyant une coiffe semblable à celle de sa mère juste sous son nez.

Il fallut que le visage de cette inconnue lui soit révélé par un mouvement de tête pour qu'il cesse de croire ceci. Cependant, même si cette femme n'était pas sa maman, ce n'était pas bien pour elle d'être comme ça... pourquoi personne ne l'aidait ? Lui il ne pouvait pas, il était trop petit... mais les autres ?

- Dame... Gémit le garçonnet en s'agenouillant près du visage de l'étrangère. Tu as mal dame ?

L'inquiétude, semblable à une flamme dansante sur le point de s'éteindre, brillait dans ses yeux innocents. Toutefois, cette rencontre était peut-être la meilleure chose qui s'offrait à lui, à savoir que sa maman était à tout juste dix mètres de là, étroitement surveillée par la démone. Question ; que pourrait-il bien advenir de lui si jamais cette créature venait à le voir ? Mieux valait ne pas y penser...

Dans le même temps, toujours prisonnier de sa caisse, le chat ne pouvait contenir plus longuement son excitation. La laissant ainsi surgir sans vergogne, le félin bondit contre chacune des parois du cube, et ce, jusqu'à ce que celui-ci dégringole... Les débris emporté avec lui dans sa chute firent un boucan du diable à l'avant du navire ! Un brouhaha qui n'échappa guère à Umar...

Se redressant vivement tout en tournant la tête, la sombre sorcière décida d'y envoyer Mayufu afin d'enquêter, si bien sûr elle était de taille à faire ça !

- Vas-y voir, et ramène-moi ce clandestin ! Il me fera passer pour un court instant cette envie de meurtre qui me brûle depuis tout à l'heure ! Somma Umar sans aucune pitié ni respect.

La sorcière des ténèbres n'avait pas encore exploité l'intégralité de son nouveau potentiel, et elle serait bien heureuse de voir ce qu'était advenu sa capacité de guérir. Or justement, il se trouvait là un cobaye tout disposé à recevoir sa fabuleuse médecine de l'ombre. Alors que le restant d'une voile séparait le corps inanimé de l'homme à la lumière aveuglante du soleil, Umar se pencha sur lui, puis de sa main droite arracha sauvagement la côte qui immergeait de son thorax. Cette acte barbare valait bien celui qui avait coûté un membre à Mayufu, donc venant de la sorcière des ténèbres, c'était normal, ça faisait partie des soins. Mais la suite quant à elle n'en fut pas moins intéressante qu'une torture silencieuse, et pour cause, l'ombre que faisait la voile, s’immisça tout doucement dans la barrique, laissant les gravats et le plancher sans teint... Et ce fut seulement lorsque tout devint gris dans un rayon de deux mètres autour de lui, que les meurtrissures du déchet disparurent. Sa santé venait de lui être rendue, et ce qui normalement devrait écoeurer Umar, fit au contraire naître en son coeur, un infime sentiment de joie. À savoir qu'auparavant, jamais elle n'aurait pu faire ça en plein jour ! Que c'était bon de se savoir si puissante !

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Xune
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MessageSujet: Re: "Ballade" en haute mer   Dim 9 Sep - 12:19

Situation de merde, situation de merde, situation de merde ! S’était exactement ce que pensait Xune à l’heure actuelle. Face à une folle qui promettait une mort lente et douloureuse et une fille qui venait de rejoindre l’autre en menaçant gentiment de démembrement s’ils bougeaient, alors qu’elle ne devait même pas avoir conscience de ce qui se passait, l’elfe noire se demandait vraiment ce qu’ils avaient pu faire pour mériter ça. Et autre question peut être plus importante pour le moment, l’elfe noire se demanda comment elle allait pouvoir limiter la casse et donc rester en vie ainsi que son équipage… Ça allait être marrant songeait-elle, surtout en voyant comme ces deux énergumènes réagissaient.

Mais bon, vu la situation présente la Drow ne voyait pas trop quoi faire à part s’aplatir et attendre. Ce n’était pas vraiment le genre d’attitude qui lui plaisait mais Xune n’était pas connue pour avoir de penchant suicidaire et préférait largement sa tête sur ses épaules et son cœur dans sa poitrine en train de battre. Bon, de ce qu’elle pouvait voir en face d’elle, la démone paraissait contrôler le duo qu’elle formait avec l’autre fille, et cette… charmante, notez l’ironie je vous prie, créature ailée eut la délicatesse du lui offrir un choix… Tu parles d’un choix ouais : obéit ou meurt. La question était vite réglée pour la Drow qui se retint de lever les yeux au ciel. Son… interlocutrice ne s’attendait tout de même pas à ce qu’elle lui réponde qu’elle désirait finir avec la tête en moins quand même ?! L’elfe noire permit à un très léger soupir de franchir ses lèvres avant de répondre à la démone.

-C’est d’accord…

Non les mots ne lui avaient pas brûlés la gorge… elle avait plutôt l’impression d’avoir avalé une bouteille d’acide mais si en faisant ça elle pouvait espérer garder l’équipage en vie, se serait pas mal. La femme à la chevelure de neige continuait de fixer la démone jusqu’à ce qu’un vacarme infernal lui fasse regarder vers l’avant du Fëalókë morë. Allons bon qu’est-ce qui allait encore leur tomber sur le coin du nez ? Son seul soulagement fut de voir qu’il ne s’agissait pas d’un nouveau copain de la démone puisque cette dernière demanda, ordonna plutôt, à sa… euh… camarade, d’aller voir. A la suite de quoi la démone se pencha sur Levy et lui… arracha la côte qui n’était plus à sa place. La Drow retint une légère grimace à ce spectacle, bien plus intéressée par la suite puisque le vieux débris qu’elle avait autorisé à rester sur son navire sembla guérit lorsque la démone en eut terminé avec lui. Xune nota cet élément dans un coin de sa tête avant de tourner machinalement la tête vers l’entrée de la calle… et de se retenir d’aller se fracasser le crâne sur ce qu’il restait du grand mât.

Pourquoi un si soudain désir d’autodestruction ? Mais pour une raison très simple : il faisait quoi le gosse là-haut ?! Elle avait pourtant bien dit que personne ne devait remonter… oui bon d’accord Randar aussi avait désobéit mais ça, ça pouvait être vu comme un cas à part. Mais le mioche… Ca non il était censé être sous la garde de Ludvic, s’était quand même pas difficile de surveiller un moucheron, si ?!
Bon allez Xune il fallait se calmer… et aller pousser une beuglante dans la calle ça lui ferait sans doute beaucoup de bien. L’elfe noire se tourna donc vers la démone et inspira un coup avant de prendre la parole.

-Si vous voulez bien m’excuser, j’ai des ordres à donner pour connaître l’état du navire.

Sur ces mots, l’elfe noire s’éloigna vers la calle, espérant que la démone n’allait pas lui dire de rester sur place parce que sinon elle allait avoir de sérieux soucis pour filer des ordres à ses hommes. Au passage, la Drow s’arrêta quelques instants aux côtés de son second

-Commence à regarder dans quel état est le Fëalókë je te pris.

L’elfe reprit alors son chemin jusqu’à la calle et passa une main sur son visage, se rendant compte à ce moment-là que son masque n’était plus en place. Retenant un léger grondement, Xune fit retomber ses cheveux sur la partie abîmée de son visage et lorsqu’elle fut suffisamment prêt, elle empoigna fermement le gamin par l’épaule, sans prendre garde à ce qu’il regardait juste avant. Elle descendit tant bien que mal l’escalier pour s’arrêter sur la dernière marche. Elle observa quelques instants son équipage avant de siffler un coup pour attirer l’attention.

-Heureuse de voir que vous êtes en vie messieurs. J’aurais bien aimé vous dire que le pire est passé mais je n’en suis même pas sûre.

Oui bon elle ne prenait pas de pincette pour leur annoncer la couleur mais de toute façon, elle n’était pas sûre que minimiser les choses soient à faire.

-Avec la vague nous avons eu… de nouveaux arrivants sur le navire et ils ne comptent pas prendre le thé avec nous. Même en temps normal je ne suis pas sûre que nous aurions pu avoir le dessus mais là que nous sommes tous plus ou moins secoués par la vague il est hors de question que quiconque sur ce navire fasse quoi que se soit. Je ne veux pas d’un bain de sang parce que l’un d’entre vous aura jugé intelligent de faire une remarque ou de tenter quelque chose…

L’elfe noie soupira un coup et se passa rapidement une main dans les cheveux avant de reprendre.

-Je me doute que ce que je vais vous dire ne va pas vous plaire et ça ne me plait pas non plus. Mais dans la situation actuelle on n’a pas trop le choix. Messieurs, je vous demande de vous écraser, d’obéir et de ne rien tenter contre ses personnes… en fait je vous demande même de ne rien tenter s’en m’en parler avant. La situation va être énervante lourde mais si vous voulez rester en vie je vous conseille de m’obéir.

Xune fixa un moment son équipage, leur laissant le temps de prendre en compte tout ce que ces paroles incluaient.

-Bien puisque ceci est dit vous allez m’inspecter le navire de la classe jusqu’au mât et me faire un rapport de son état, voir ce qui besoin d’être réparé en urgence, et surtout si c’est réparable dans notre situation.

Sur ces mots, elle tourna les talons, la main toujours fermement serrée sur l’épaule du mioche et remonta l’escalier pour s’arrêter en haut, un sourcil haussé face à ce qu’il semblait être… un être humain sous une pile de décombres.

*Et ça continue*

Elle fit signe à deux hommes de l’équipage de s’occuper de cela et retourna pour sa part prêt de la barre, l’examinant vite fait les dents serrées. Elle jeta également un rapide coup d’œil vers le mioche qu'elle n'avait pas lâché et secoua doucement la tête.

- Écoute moi bien, tu restes bien à côté de moi, tu ne t'éloignes pas ne serais-ce que d'une dizaine de pas. Tu ne parles pas si quelqu'un autre que Randar ou le vieux s'approche de moi... et tu évites de m'appeler maman pour le moment.

[HS : je m'excuse pour mon délais de réponse, j'ai eu un peu de mal à la faire. Si quelque chose ne va pas faites le moi savoir]

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MessageSujet: Re: "Ballade" en haute mer   Mar 6 Nov - 16:29

Mayufu était arrivée telle une tempête. Faisant seulement plus de bruit qu’autre chose. Surtout qu’elle était arrivée en pleine « conversation » entre Umar et ce petit groupe de pirate. Elle passa littéralement pour une imbécile née à leurs yeux car elle ignorait de quoi ils parlaient alors qu’elle les avait interrompu sans réfléchir. Provoquant d’ailleurs l’irritation de sa compagne se trouvant dans son dos. Celle-ci ne manqua pas de lui remettre les idées en place aussi vite que la jeune fille avait pu débiter ses menaces aux pirates. Mayufu se retourna pour lui faire face, quelque peu choquée par la réaction d’Umar. Cette dernière se rapprocha d’elle pour que personne n’entende ce qu’elle avait à lui dire. Les mots qu’elle pu dire avec froideur calmèrent les ardeurs de la Fille de Bhaal immédiatement. On pouvait dire que la sorcière remuait bien le couteau dans la plaie. Lui flanquant un violent coup à sa fierté. Les yeux ronds, Mayufu ne savait que dire, les mots ne lui venaient plus. Comme si Umar l’étranglait avec une ombre invisible pour la faire taire à son bon vouloir.

- Umar, tu… comment… peux-tu me dire ça ? Bégaya-t-elle, montrant bien à quel point elle était retournée par les propos de son amie.

Mais elle avait bien ses raisons, ça c’était une certitude. Les récents échecs qu’elle avait dû encaisser avait de quoi la mettre hors d’elle. Elle qui voulait qu’elle s’améliore et apprenne à manipuler son pouvoir, Mayufu n’en faisait que le contraire. Réussissant en plus à se comporter de façon complètement déplacée vis-à-vis d’elle en ce moment précis. Se fut alors avec une pointe de colère mais aussi d’une intense déception d’elle-même qu’elle s’avisa de se taire et faire silence. Refusant de faire le moindre commentaire, d’émettre le moindre son, elle baissa la tête pour fixer les planches. Laissant désormais le temps faire ce qu’il avait à faire et écoutant avec attention les paroles qui s’ensuivirent. Non pas sans un regard pétillant de colère et une expression de mépris.

Le groupe qui se tenait face à Umar et elle était inoffensif tant que la sorcière serait dans les parages. Toute seule elle n’aurait pas pu s’en sortir indemne de cette affaire. Mais bon… son amie semblait savoir s’y faire et ce qu’elle voulait, donc Mayufu la laissa faire. Lui faisant entièrement confiance quant à la suite. Reculant de quelques pas, elle s’approcha de la barrière pour observer par-dessus bord ainsi qu’aux alentours. Le navire était vraiment une épave maintenant mais au moins, il naviguait toujours et les mâts tenaient toujours debout. Elle entendait la conversation au loin malgré le vent qui sifflait dans ses oreilles. Le ciel semblait lourd, au même titre que son cœur. La jeune fille sentait le temps passé, chaque seconde écoulée, elle les savait précieuses. Mais elle ne pouvait pas aller plus vite que ce dernier. Se contentant alors de cette lenteur… au profit de son impatience de pouvoir en terminer avec cette quête qui semblait s’éterniser.

Son regard se figea à l’horizon dans cette vaste étendue qu’était l’océan. Comment allait-elle s’en sortir ? Comment trouver Nyuulie ? Il faudra du temps pour se faire… Mayufu avait aucunes idées pas où commencer vraiment. Peut-être que les pirates en savaient un peu plus qu’elle. Il faudra bien qu’elle prenne un moment pour le leur poser la question. Mais chaque chose en son temps. Car pour le moment, il fallait s’assurer qu’ils ne se rebellent pas et obéissent temporairement à Umar et elle-même accessoirement. Mais une drôle de sensation l’envahit soudainement, la forçant à porter sa main droite sur son front. Fermant les yeux brusquement alors qu’elle se sentait prise par un violent vertige, elle recula de quelques pas mais se prit le pied dans une planche cassée et se retrouva sur les fesses. C’était sûrement dû à l’immensité qui l’entourait, la nausée des émotions fortes qui l’avaient assaillies soudainement. Mais une voix eut vite fait de la ramener sur la terre ferme et éviter qu’elle ne tourne de l’œil.

C’était Umar… lui aboyant un ordre d’aller voir ce qui pouvait faire tant de raffut à l’avant du navire. Ces mots ne firent que décocher une grimace à Mayufu qui se releva délicatement tout en acquiesçant vivement. D’ailleurs elle ne prit même pas le temps de répondre autrement. Toujours trop pré-occupée par Nyuulie ou la remarque que son amie lui avait lancée. Faisant la passe sur le manque de respect qu'avait eu la sorcière en s'adressant à elle. Mais ce fut sans mal qu’elle se mît en quête de trouver la source du vacarme. Laissant la sorcière parlementer avec les pirates. Avançant avec précaution parmi les débris et les planches qui craquaient sous son poids. Évitant aussi les objets coupant et pointus se trouvant sur sa route.

*C’est sympa de m’envoyer fouiller mais comment veux-tu que je m’y retrouve aussi, sérieux ?!*

Elle faisait face à plusieurs tas de débris de planche, armes, caisses et autres trucs qui s’étaient probablement arrachés du bateau et où elle préféra ne pas chercher à savoir d’où ils provenaient. Trouvant qu’elle avait déjà suffisamment d’inquiétude comme ça. S’approchant de l’un d’eux, elle s’accroupit devant et observa tout en dégageant quelques planches pour voir si elle y trouvait quelqu’un ou quelque chose de vivant dessous. Ça pouvait être n’importe quoi. Ça pouvait être un humain coincé là-dessous et ne voulant que sortir de là tout comme ça pouvait être un poisson ou autre bestiole bizarre. Avec un peu de chance, peut-être quelque chose de comestible… se rappelant qu’elle commençait à être un peu affamée après toute cette péripétie depuis ce matin.

Après deux trois minutes de fouille, elle ne trouva rien de vraiment suspect. Ça devait probablement être une caisse qui était tombée parce qu’elle n’était pas en équilibre sur son perchoir ou autre chose. Donc inutile de continuer plus, ça n’en valait pas la peine… Elle s’apprêta à crier à Umar qu’elle n’avait rien trouvé au moment où un nouveau bruit la coupa dans son élan. Elle distingua d’où ça provenait et s’y dirigea rapidement, se tenant sur ses gardes au cas où ça se compliquerait. Il y avait eu une chute de débris et là, ça ne pouvait pas être à cause du vent, il ne soufflait pas assez fort pour cela. Mais une fois sur place ce ne fut qu’une caisse qui se présenta à elle. Une petite caisse en bois qui se secouait d’un sens et dans un autre. Elle entendit bien des sons similaires à des coups de griffe sur le bois et des coups. Il y avait là-dedans quelque chose de pas humain, vu la taille, mais qui avait hâte de sortir de sa prison ! S’approchant de l’objet turbulent, la Fille de Bhaal s’agenouilla en face et immobilisa la boîte en la saisissant fermement pour la déposer sur un sol plat.

- Ehooo… on se calme là-dedans, je vais te sortir de là donc cesse de paniquer un petit instant je t’en prie. Tenta-t-elle pour calmer la chose qui s’affolait plus elle touchait à la boîte.

Il fallait qu’elle l’ouvre avec délicatesse et précaution si elle ne voulait pas que ce qui se trouvait dedans lui plante ses griffes dans les mains. Elle n’avait aucunes idées de ce que c’était mais pouvait s’en faire une petite idée probablement… Inspectant la caisse, elle trouva une légère fente ou elle put y agripper ses doigts pour tirer dessus. Les clous se délogeaient lentement, le bois craquait et elle finit par arracher le couvercle qui s’était brisé en deux. Un trou suffisant pour distinguer ce qui était dedans…

- Un chat…

Elle reprit avec hâte l’arrachage du couvercle mais toujours en faisant preuve de délicatesse. Prenant cette fois-ci le temps de retirer deux clous pour arracher le restant du couvercle et dégager la sortie au chat noir qui se tenait dedans. En minimisant aussi le risque que le chat ne s’y blesse en voulant sortir précipitamment. Mais une fois que le tout fut fait… Mayufu ne fit rien, elle ne faisait que le regarder.

- Qu'est-ce que fait un chat dans une caisse au milieu de l'océan... Se murmurait-elle doucement en dévisageant le chat noir.

C’est qu’ensuite qu’elle dirigea une main doucement vers sa tête, quitte à se faire griffer, peu importe. Elle n'allait pas lui faire de mal. Bien qu'elle eut ouvert la caisse avec un peu de brutalité à cause de son humeur actuel, ses intentions étaient quelque peu différentes. Seulement, en le regardant, elle venait de se rendre compte qu'elle n'avait jamais vraiment pris le temps de voir un chat ou d'en toucher un. Mais allait-il seulement se laisser faire ou bondir de la caisse et la fuir ? Elle ne le savait pas. La jeune fille aimait bien les chats, ils sont solitaires comme elle l'était. Surtout que celui-ci avait un teint noir et lui ressemblait, au premier abord.

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MessageSujet: Re: "Ballade" en haute mer   Lun 19 Nov - 4:24


Noir… Ainsi je suis, tout comme l’endroit où j’étais retenu à ce moment là. Les lieux sombres ne me dérangeaient aucunement. Mais être enfermé, je ne le supportais pas. Comment avais-je atterri dans cette caisse, sur ce bateau ? Je préférais ne pas me rappeler les faits, la colère dominait déjà le petit cœur que je possédais. Ce que l’on comptait faire de moi, je ne m’en souciais guère pour le moment, je voulais juste sortir. Mais le temps semblait si long derrière cette barricade de bois où je pouvais à peine me mouvoir. Après d’interminables heures, jours peut-être, une énorme secousse se fit sentir, comme si le bateau avait percuté un récif ou quelque chose du genre. Mes nerfs se pelotèrent de nouveau, je ne voulais pas mourir noyé… L’eau… Cette étendue salée me donnait envie de vomir… C’était le pire sort qui pouvait être réservé à un chat. Je pouvais sentir les objets se fracasser autour de moi. Ma geôle ne fut pas épargnée, je me retrouvai balloté dans tous les sens. Sous la violence des chocs répétés, une fente permit à la lumière de s'introduire dans la cloison de ma boîte, jusqu'ici hermétiquement fermée. Des voix étrangères résonnaient également. Visiblement, des gens s'agitaient plus loin. Les humains… Toujours aussi répugnants.

Puis le calme revint, le navire semblait toujours flotter. Mais il était hors de question que je ne restasse bloqué plus longuement. Dans une poussée de rage, je miaulais et poussais les planches jusqu’à m’en casser les griffes s’il le fallait. Mais mes tentatives demeuraient vaines et mes pattes intactes. C'était qu'il en fallait davantage pour me blesser. Le bois ne cédait pas malgré mon insistance : les clous qui liaient cette cage étaient efficaces. Peut-être mon vacarme attirerait-il quelqu’un jusqu’ici. C'était là mon unique recours dans l'immédiat.

Qu’elle ne fut pas mon étonnement lorsque je vis enfin une fine silhouette s’approcher de ma caisse. Mes yeux devinaient une chaleur profonde en cet être, différente du commun des mortels. Qui cela pouvait-il bien être ? Etait-elle venue pour me libérer ou me tuer ? Je me tassais dans le fond de la cage, prêt à bondir si l’on venait à me libérer. Au vue de la délicatesse avec laquelle la personne tentait d’ouvrir la boîte, elle ne semblait pas me vouloir du mal. Au contraire, elle murmura d'un ton surpris en constatant ma présence sur cet étang salé. Cependant, il valait mieux rester prudent.

- *Il n’y a pas que toi qui trouves étrange de voir un chat au beau milieu de l’océan, je préfère de loin la terre ferme…*

Tout à coup, les jointures cédèrent, les planches se disloquèrent ; je pouvais enfin m’extirper de ce trou à rats. L’auteur de cette libération se trouvait être en réalité une jeune fille, aux cheveux aussi sombres que l’était mon pelage. Et son regard froid semblait répondre au mien. Il était évident de par son comportement, qui n’était pas hostile, qu’elle me tuerait pas. Je ressentais d’ailleurs une impression bizarre. Pouvait-il s’agir de ce que le vieux m’avait parlé ? Cette… sensation magique, comme une espèce de... "lien". Il était beaucoup trop tôt pour le dire, et je savais l’être humain fourbe et hypocrite. J’observais la jeune fille de mes yeux de braises, avant de m’approcher lentement de sa petite menotte délicate qu’elle tendait pacifiquement à mon égard.

- *En voilà une bien jolie main...*

Je reculai ma tête et tendis doucement ma patte avant gauche vers la sienne, comme un chien le ferait à son maître. Puis au dernier moment, je sortis mes griffes pour les lui planter dans la chair et y déposer ma belle signature. Si elle n’avait pas le réflexe de retirer sa main, elle aurait une plaie assez visible. Mais même si elle réagissait, à la distance et la posture qu’elle était, elle aurait une griffure de toute façon. Aussi infime la blessure serait-elle, cela était suffisant et la suite se révèlerait d’elle-même. Soit elle était l’élue, et en ce cas elle ne ressentirait presque rien, si ce n’était au contraire mon ressenti. Soit elle ne l’était pas et cette plaie allait être une agonie pour sa petite main frêle. Oui, elle ne m’avait rien fait, mais je recherchais quelqu’un de spéciale. Et comme je n’avais aucun moyen de la trouver excepté cette vague "sensation", je n’avais pas de temps à perdre avec des futilités. Si elle n’était pas celle que je voulais, je partirais sans demander mon reste. Après tout, lui laisser le visage intact de mes griffes était déjà une preuve largement suffisante de ma gratitude. Je n’avais pas peur d'une éventuelle vengeance puisque la griffure ferait son effet, dans un sens comme dans l’autre. Il ne restait donc plus qu’à attendre. Je m’éloignais un peu et m’assis en la fixant d'un air froid et patient.

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P.N.J
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MessageSujet: Re: "Ballade" en haute mer   Ven 30 Nov - 18:18


Contrairement à l'antipathie que reflétait habituellement sa race, l'Elfe calcinée ne chercha guère à la provoquer, ni même à faire preuve d'une quelconque arrogance. Ce qui était plutôt sage au vu des circonstances. Mais Umar n'était pas le genre d'être à se montrer plus aimable envers des esclaves obéissants. Ca leur épargnait simplement, pour le moment, une mort sans souffrance excessive ! Et puisque le message essentiel fut entendu et compris de tous, la démone laissa cette piètre espèce s'afférer à son devoir d'éternelle servitude, pour ainsi se retirer sur ce qui pouvait rester de l'avant du navire. En dépit de l'immense masse liquide qui s'était abattu sur Mayufu et elle-même, l'océan était étonnamment calme, pas un souffle de vent ! Restait à voir dans quelle direction Nyuulie se cachait... Le temps filait, et la fille de Bhaal qu'était sa disciple risquait gros sur cette mission. C'était pourquoi il fallait faire route sur l'instant, l'après-midi s'entamait tout juste, mais de quelle durée allait être le voyage ?! La démone n'était guère encline à laisser la situation lui échapper, et pour se faire, les larves que composait l'équipage de ses vestiges flottantes allaient devoir se soumettre entièrement à sa cause et celle de Mayufu !

- Je vais être la plus concise possible ! Reprit soudainement Umar d'une voix imposante. Les vermisseaux que vous êtes ne m'intéressent en aucun cas ! En revanche je suis à la recherche d'une entité qui a élu domicile dans le séant de cet océan ! Laissant planer un court silence, la démone ajouta avec haine. Cette chose se fait appeler "Nyuulie" ! Alors ce que j'attends de vous, c'est que vous me conduisiez jusqu'à son île ou n'importe quelle autre ânerie du genre qui pourrait être sa piaule !

Nyuulie était une légende pour les pirates les plus cultivés, personne ne l'avait encore affrontée ni même aperçue. Mais l'intonation intimidante qu'avait utilisée Umar laissait bel et bien deviner qu'elle ne quitterait pas ce bateau tant qu'elle n'aurait pas ce qu'elle cherchait. Et à supposé qu'elle se doive d'essuyer un refus de la part de l'Elfe calcinée et de ses sous-fifres, leur trépas serait imminent et sanglant. La démone n'avait strictement rien à perdre si ce n'était Mayufu, c'était pour cela qu'elle ne reculerait devant aucun sacrifice pour parvenir à ses fins ! Chose qu'une personne un minimum censée comprendrait rien qu'en la regardant.

- M'obéir pourrait vous conduire à une mort tout aussi certaine que de vous opposer à ma volonté ! Mais soyez assurés que tout ce que pourrait vous faire Nyuulie ne seraient que caresses à côté de ce que je vous ferai vivre ! Poursuivit la démone, les ailes déployées. Je ne vous laisse pas la choix, mourir pour mourir avec seulement une chance minime que vous en réchappiez si vous faites ce que j'attends ! Car si Nyuulie crève, je laisserai les survivants de ce rafiot pourri à leur Destinée !

Le mensonge n'était pas le passe-temps favoris d'Umar, préférant laisser cela aux faibles. Puis d'ailleurs, pourquoi mentirait-elle ? Cela se voyait bien qu'elle se fichait complètement de l'existence de son auditoire. Ainsi, leur avenir reposait uniquement sur leur bon sens, si toutefois ils en étaient investis. Quoi qu'il en était, la démone n'allait pas attendre une éternité pour qu'ils se décident, à savoir qu'elle commencera son massacre dans les deux prochaines minutes si personne ne se décidait à bouger ! Quant à Mayufu, elle devait en avoir terminé avec sa fouille à présent, alors pourquoi tardait-elle ?! Aurait-elle des penchants cachés envers le masochiste pour ainsi s'employer à éprouver la patience d'Umar ?!


Les dires de la harpie n'étaient pas tombés dans l'oreille d'un sourd ! Déjà que voir Xune courber l'échine devant cette chose lui donnait une insatiable envie de meurtre, alors si ajouter à cela elle venait à se faire tuer sans qu'il ne puisse rien faire pour la protéger, son honneur tout entier serait anéantie, et son âme ne trouverait jamais le repos. Il fallait, selon lui, faire ce que la démone attendait d'eux, mais le problème était de savoir comment s'y prendre si eux même ignoraient où sa Nyuulie se trouvait ? Heureusement, un miracle se produisit alors que la harpie argumentait toujours, Randar repéra le mioche, puis non loin de ce dernier, une femme dont il n'avait jamais vu le visage y était allongée ! Ainsi, lorsque son capitaine mis le grappin sur le gamin afin de le faire demeurer auprès d'elle, le guerrier se dirigea lentement jusqu'à la clandestine piégée. Un amas de débris se trouvait sur son dessus, sans pour autant que ses jours ne soient en danger. La femme était consciente, et bien que son teint était très pâle, il n'était point cireux, et son regard loin d'être vitreux... Et ce fut avec une grande prudence, pour ne pas s'attirer l'attention de la démone, que Randar posa un genoux à terre, tout en faisant mine de déblayer le passage qui donnait sur le pont inférieur, avant de soumettre l'inconnue à la question.

- Je ne sais pas qui tu es ni ce que tu es, mais je te conseille de vite me répondre. Chuchota t-il, alors qu'il manqua de sursauter lorsqu'il vit par-dessus son épaule, les deux yeux rouges de la harpie rivés sur lui. Si tu sais quoi que ce soit sur une Nyuulie, dis-le moi sans perdre de temps ! Fais-le et je te sors de là ! D'autres n'auront pas cette pitié...

L'imposant pirate tentait de se montrer le plus convainquant possible. Cependant, loin d'être stupide, Okoomi avait bien compris ce qui se tramait. Car peu de temps après que sa conscience lui soit intégralement restituée, elle entendit des sommations emplies de haine provenant d'Umar. Or, elle savait que si cet être venait à la découvrir, elle fera tout pour la garder sous sa coupe, exactement comme tous les pauvres gens de ce navire. Pourtant, elle se refusait toujours à abandonner Blizz, et sans en avoir pour autant l'absolue certitude, elle demeurait convaincue qu'il se trouvait aussi sur ces sinistres vestiges. Ainsi elle expliqua à Randar qu'un ami à elle était également piégé de l'épave, et qu'elle accepterait de lui donner une direction si en échange il lui donnait sa parole de le chercher, et que si il venait à le trouver, il pourrait l'envoyer à l'eau pour qu'elle puisse l'amener avec elle jusqu'à Nandis. Le pacte semblant équitable, le guerrier accepta et promit à la Sirène qu'il fera tout pour tenir sa parole, et ce, même si la situation présente risquait fort de l'en priver... Mais ce qu'il ignorait, c'était que Okoomi serait capable de faire preuve d'une patience rare, et s'évertuerait à suivre le navire jusqu'à ce que Blizz lui soit rendu !

Randar serait prêt à tout pour sauver son capitaine, et ce, même à se soumettre aux attentes d'une Sirène, créature qui habituellement, il n'hésiterait pas à écarteler ! Xune lui avait donner le bon exemple à suivre en faisant profil bas devant la démone, ce fut pourquoi le guerrier parvint en faire autant devant l'ondine. Okoomi lui ayant fait savoir ce qu'elle était peu avant, ses informations étaient donc d'une inestimable importance ! Qui mieux qu'une Sirène pouvait savoir où se trouvait cette Nyuulie ? En accord commun, Okoomi lui indiqua de mettre le cap sur les "Eaux maudites", endroit le plus probable pour y trouver cette entité qu'elle méprisait au plus haut point...



Maman était énervée, et même si les enfants avaient pour habitude de se sentir responsables de ce genre de chose, cette fois-ci, il n'en fut rien. Le garçonnet avait bien vu la méchante madame qui était venue mettre maman en colère. Cependant, histoire de ne pas forcer sa voix à s'élever à son égard, le mioche qu'il était se contenta de faire silence, et ce, même si l'annonce de sa découverte lui brûlait les lèvres ! L'enfant était certain que c'était une Sirène qu'il avait vu, comme les dessins figurant sur la façade de l'auberge à Tësnu. C'était enchanteur, mais cette madame à ailes faisait bien trop peur pour qu'il puisse ainsi rêver librement. Or, constater que sa maman s'en retournait déjà à la lumière du soleil, autrement dit, là où la madame méchante se trouvait, était loin de lui plaire... Pour ce coup, il avait bien retenu la leçon.

-*Si maman dit quelque chose... j'écoute... oui...* Songeait-il, tout en se faisant plus résistant à l'approche du passage débouchant sur le pont.

La Sirène était toujours là, mais maman ne s'y attarda guère, ce qui pouvait se comprendre étant donné le chaos auquel elle se devait de faire face. Tout cela était tellement évident que même un enfant en bas âge était à même de comprendre. Après quoi, l'Elfe maternelle le prit entre quatre yeux afin de bien lui faire comprendre ce qu'il devait faire, et ce qu'il ne devait pas faire. Elle pouvait être rassurée cette fois, il ne fera défaut à aucun de ses ordres... trop peur !

- Reculez ! Somma soudainement une grosse voix. Je m'en charge, commencez plutôt à déblayer la barre !

Il s'agissait de Randar, il venait de repousser les hommes que Xune avait mander pour s'occuper de l'intruse. Il savait d'expérience que ces derniers n'auraient su contrôler leur émoi en constatant l'origine de cette femme. Ainsi préféra t-il s'en charger seul. Il savait à peu près de quelle manière il allait s'y prendre, mais les regards noirs que lui lançait de temps à autre la démone, n'étaient guère pour le rassurer.

- Bon, puisque personne ne se dévoue... Grommela Umar, à bout de patience.

- ATTENDEZ ! Rétorqua Randar. Je sais, je sais qu'elle direction prendre, mais il nous faut restaurer un tant soit peu le navire au préalable. Permettez que je donne les ordres, après mon capitaine décidera de notre vie ou de notre mort.

- Fais donc gras double, en attendant, ton "capitaine" et moi, on a à causer ! Répondit-elle en signifiant à Xune du regard, de bien vouloir approcher.

Conscient des risques qu'encouraient Xune au plus près de ce démon, Randar lui souffla dans le même temps la direction que lui avait indiquer la Sirène juste avant cet échange. Puis, comme pour distraire l'attention sanguinaire de la harpie, le guerrier souleva par sa seule force musculaire les débris qui recouvraient le corps svelte et sans blessure apparente de l'ondine. Empoignant fermement son bras, il vociféra...

- Non mais regardez-moi ça ! Sur ces mots, il leva la pauvre Sirène haut dans les airs afin de l'exposer à la vue de tous, y compris à celle de la démone. Un têtard de Nyuulie ! Agrippant la coiffe bleue de l'ondine à l'aide de son autre main, il balança la malheureuse par-dessus bord, sans même laisser le temps à la harpie de s'y opposer. OLEY !!! S'écria le pirate afin d'accompagner le superbe plongeon de cette dernière.

- ÉCERVELÉ D'HUMAIN ! Hurla spontanément Umar. Si cette chose informe était une suite de cette Nyuulie, on disposait de quoi la provoquer ! VERMINE !

Se doutant d'une réaction violente, Randar fit mine de regretter son geste, ce qui n'empêcha pas Umar de venir à son encontre en se servant de ses gigantesques ailes. Mais plutôt que de le tuer, elle décida simplement de l'envoyer valser pour la seconde fois contre une proche rambarde. La sombre démone n'était pas assez stupide pour éliminer des éléments passables à sa future bataille contre Nyuulie. Après quoi, elle reprit position à l'endroit même où elle attendait toujours la venue de l'Elfe calcinée.

- Expose-moi la situation, ET, tes intentions, femelle !

L'heure n'était point au cataclysme, enfin, pas encore en tout cas... ce qui laissait un peu de répit à Xune, Levy, Randar ainsi que tous les autres membres de l'équipage qui s'en venaient peu à peu écumer le pont du navire. Alors que pendant ce temps, le charpentier Loudvic examinait attentivement l'état de ce dernier depuis sa cale. Aucun dommage sérieux n'était à recenser sur la coque, il y avait surtout des vitres et de la vaisselle cassée. Quant à l'ordre chaotique qui régnait en surface, ça ne devrait plus poser de problème à la navigation une fois que tout aura été nettoyé, et les voiles restaurées. Hélas, on ne pouvait en dire autant de la barre, puisque celle-ci, par la violence du choc, fut désaxée. Ce genre de dommage demandait de longues heures de réparation. Fort heureusement, il y avait toujours moyen de manoeuvrer manuellement le gouvernail depuis la cale, il fallait certes s'y mettre à plusieurs, mais cela restait possible. En vérité, tout dépendrait de ce que Xune, la capitaine, allait décider.

En revanche, tout semblait aller pour le mieux du côté de Mayufu, puisque celle-ci venait de découvrir, piégé d'une caisse de bois, un chat au pelage aussi noire qu'une terre cendrée après une nuit d'averse. Leurs yeux avaient un point commun, une ressemblance qui s'étendait jusque dans leur caractère. Mais étrangement, un phénomène attractif les attirait l'un pour l'autre, et ce, sans qu'aucun d'eux ne puisse dire ce à quoi c'était dû. Le félin n'était guère un chat comme les autres, à savoir qu'il ne pouvait subsister sans un élu. L'élu était pour lui un mentor auquel son âme se liait pour la vie. Et bien que Mayufu semblait correspondre à son attente ardente, le matou caractériel griffa profondément la main de celle qui venait de lui rendre sa liberté. Cette empreinte sanguinolente était pour le chat un moyen de faire le lien entre cette fille, et lui.

Durant un instant, la disciple d'Umar demeura sans réaction, observant attentivement les entailles qui venaient de lui être faites, et ce, sans se plaindre. Il y avait comme une force qui les poussait à se comporter de manière aussi étrange, phénomène qui ne fit que s'accentuer au moment où les quatre griffes imprimées dans la chair de Mayufu se changèrent en cicatrices légèrement en relief par rapport à la peau saine. À partir de là, le regard de la fille de Bhaal et du chat s'enflammèrent ou même moment. Le lien de l'âme était fait, et rien ni personne ne serait en mesure de le rompre ! D'ailleurs, la réalité eut bien vite fait de faire revaloir ses droits, lorsque Umar ordonna cruellement à Mayufu de lui rapporter ce qu'elle avait trouvé, son envie de meurtre ne pouvait désormais plus attendre...


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Xune
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MessageSujet: Re: "Ballade" en haute mer   Mer 27 Fév - 15:23

Les ordres étaient donnés. Maintenant, il fallait espérer que tout le monde allait se tenir tranquille et obéir. L’elfe noire soupira en tenant toujours le gamin par l’épaule. L’océan s’était calmé aussi soudainement qu’il avait exprimé sa colère. Les sautes d’humeurs de l’océan étaient bien connus des marins, mais en plusieurs décennies de navigation, s’était bien la première fois que Xune voyait de tels changements en si peu de temps. Et même si à présent l’eau était redevenue tout ce qu’il y a de plus calme, la drow n’aurait pas parié sur le fait que ce soit une bonne chose. Cette impression se confirma lorsqu’Umar annonça être à la recherche de Nyuulie… à présent Xune était convaincue que la dose de malchance cumulable en une seule journée n’avait pas de limite.
Elle avait bien envie de dire à ce démon ailé qu’elle pouvait l’amener n’importe où, mais pas à un endroit que personne n’avait jamais localisé ! Pour Xune, ce que demandait Umar s’était similaire à lui demander de faire voler son navire : ça relevait de l’impossible… Néanmoins, elle préféra éviter de révéler ces quelques petits détails après qu’Umar ait reprit la parole. Autant sa vie à elle, s’était presque une quantité négligeable à ses yeux, autant son équipage avait un minimum de valeur… et elle ne tenait certainement pas à envoyer ses hommes au massacre parce qu’elle aurait énoncé la vérité à une espèce de folle.

Xune en était donc à imaginer tous les plans possibles pour se débarrasser en douceur des deux… indésirables, lorsqu’elle entendit Randar s’adresser à Umar... en prétendant savoir vers où aller. Xune fixa son second en se demandant sérieusement s’il ne s’était pas pris un morceau du mât sur le crâne. Et elle aurait presque préférée que ce soit le cas lorsqu’il lui annonça la direction où aller… Les Eaux maudites, de mieux en mieux… Et puis comment allaient-ils pouvoir s’y rendre, vu l’état du navire Xune n’était même pas sûre de parvenir à en reprendre le contrôler. Avec un soupir, la drow allait évoquer ces quelques… détails avec Umar, lorsque la voix de Randar se fit une nouvelle fois entendre. Xune écarquilla très légèrement les yeux en voyant ce qu’il tenait à bout de bras et jura entre ses dents lorsqu’il la balança par-dessus bord. La réaction d’Umar ne se fit pas attendre et par réflexe Xune porta ses mains vers ses couteaux de lancés. Elle voulait éviter les morts inutiles, mais si Umar tentait de tuer son second, la drow était bien décidé à intervenir. Elle n’en eut cependant pas besoin, la démone se « contentant » d’envoyer Randar voler contre une rambarde. Le craquement du bois au moment de l’impact lui fit grincer des dents mais rien d’autres ne se produisit. La drow s’assura rapidement que son second était en un seul morceau avant de se diriger vers Umar. Elle fit cependant un arrêt non loin de la porte de sa cabine et se tourna vers le gosse.

-Tu m’attends ici, et tu ne bouges pas ! Tu ne me rejoints pas et tu ne vas pas vadrouiller à gauche ou à droite. J’espère que c’est clair.

Sans rien ajouter, Xune lâcha l’épaule du gamin et alla se placer face à Umar. Elle prit quelques instants pour réfléchir à la manière d’aborder les choses, avant de se lancer.

-Le meilleur endroit pour avoir une chance de trouver Nyuulie pourrait être les Eaux maudites… J’espère que vous avez conscience que c’est une simple supposition, aucun marin ne l’a jamais croisé.

L’air presque assuré, Xune se déplaca légèrement vers les restes du gouvernail, prenant tout de même la sécurité de garder Umar dans son champ de vision.

-Cependant je suis au regret de vous annoncer que l’on ne pourra pas s’y rendre… Je n’ai pas besoin du rapport de mes hommes pour savoir que le navire n’est pas en état de voguer. Nous n’avons plus de voilure, les mâts sont fragilisés et le gouvernail…

Xune cessa là sa phrase pour s’emparer dudit gouvernail et le faire tourner, sans que le navire n’ait de réaction vraiment significative.

-… Le gouvernail est tout simple hors-service. Vous avez beau être sur l’un des navires les plus rapides, dans son état il ne peut aller nulle part. Et ce n’est pas en nous massacrant tous que les choses s’arrangeront. Donc à moins que vous n’ayez les capacités pour remettre le Fealoke More en état, nous ne pouvons rien faire à part dériver.

Tout au long de son petit discours, la drow avait parlé d’une voix parfaitement neutre. Les nouvelles qu’elle lui avait données ne plairaient peut-être pas à Umar, mais Xune s’était contentée de lui dire la vérité. Même le meilleur charpentier de l’île de Tesnu ou de Nandis ne pourrait remettre le navire en état rapidement, et certainement pas en étant ainsi en pleine mer. A la suite de son discours, l’elfe noire se tint tout de même sur ses gardes. Elle avait prouvé à Umar qu’elle avait une idée de l’endroit où il fallait chercher Nyuulie, merci Randar au passage, mais elle avait aussi montré de manière assez claire qu’elle ne pourrait pas l’y conduire pour le moment, à moins d’un sacré coup de chance… Ce qui, aux yeux de la drow, risquait de conclure l’affaire d’une manière pas très agréable.

[HS : je ne suis pas totalement satisfaite, mais à l'heure actuelle c'est ce que je peux donner]

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"Ballade" en haute mer

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