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 Gundar Kaellwan

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MessageSujet: Gundar Kaellwan   Mar 1 Juin - 18:51

~Prénom : Gundar
~Nom : Kaellwan
~Surnom : -

~Âge : 25 ans
~Sexe : Masculin
~Race : Humain

~Lieu de naissance : Myrawkel
~Lieu où vous vous trouvez actuellement : Alentours de Nandis (Nandis)
~Nom de la Forge : Forge-Flamme

~Classe : Forgeron-Armurier / Sans-classe
~Alignement : Chaotique Bon

~Description Physique :

C'est un grand homme mesurant environ 1m85, plus ou moins. Il a des cheveux majoritairement châtain clair, tendant vers le blond, lisses, soyeux, dont la couleur, vers les côtés, virent dans une couleur bleu-indigo. Etrange coloration n'est-ce pas ? Coloration ou couleur naturelle ? Apparemment, couleur naturelle. Il possède aussi quelques mèches, très fines, beaucoup plus longues, presque imperceptibles si elles ne prenaient pas une teinte rouge sang jusqu'à leurs pointes. Ses yeux arborent une belle couleur bleue, vous rappelant sans cesse l'immensité de l'océan et notamment ses profondeurs, ses abysses, les fonds marins mystèrieux et silencieux. Les traits de son visage sont finement dessinés. Son nez est droit et pointu et ses oreilles semblent vouloir pousser pour ressembler à ceux des Elfes, bien qu'elles soient authentiquement d'origine humaine.

D'une carrure plutôt moyenne, il n'en est pas moins athlétique. Son métier de forgeron et son maintien en forme, pour ne pas perdre la main, ont sculpté son corps. Le contact avec sa peau est chaud et agréable à sentir au bout de ses doigts. Sa pilosité est en dessous de la moyenne des Hommes.

L'impression qu'il donne de sa personne est celui d'un homme sérieux et qui semble avoir déjà vu et compris la mort durant sa vie, et qui, jusqu'ici ne s'est jamais laissé abattre par tous les problèmes que lui réservaient sa destinée, sa vie, depuis sa naissance, depuis son existence.

Il a l'air calme et sûr de lui. Son regard peut inspirer plusieurs émotions comme la fierté, l'orgueil, le réconfort, le respect, ou encore la peur. Ses yeux bleux, comme l'océan, lui donnent ce côté mystèrieux qui s'accorde à sa personnalité tandis que son physique peut facilement vous faire croire qu'il est soldat, mais aussi bien qu'il est forgeron malgré son jeune âge pour cette profession. En parlant de son âge, les passants lui donnent environ deux ou trois ans de moins.

Parlons enfin de sa tenue vestimentaire, qui peut évidemment changer selon les circonstances. Son torse est souvent dénudé, ou peu vêtu, que ce soit en été ou en hiver (là par contre, il porterait quelque chose de léger qui recouvrirait tout son corps).
Il porte généralement un long foulard, déchiré aux extrémités, noir, virant au rouge. Ce foulard vous rappelle ici un volcan. Le noir semble se fondre avec l'obsidienne tandis que le rouge fait penser au magma. A ses bras, ils portent des protections en métal de sa propre conception, ainsi que des épaulettes constituées de trois ou quatre couches de cuir et de métal. Seul son bras droit est vêtu d'une sorte de gantelet constitué d'un... matériau paraissant provenir d'écailles de reptile, et de cuir. En dessous de la ceinture, il porte un pantalon s'harmonisant avec le reste de la tenue, d'une couleur sombre.

On peut aussi noter la présence de boucles d'oreilles ainsi que de plusieurs rubans en tissu rouges et bleus, parfois terminés par une boucle qui détient trois plumes rouges et bleux. Au niveau de son bassin, d'ailleurs, des rubans sont enroulés autour et y sont noués.
Il porte enfin des bottes courtes de forgeron en cuir et avec quelques parties métalliques.

La voix de Gundar est plutôt grave, mais soignée, agréable à écouter. C'est une voix digne d'un forgeron de cet âge.



~Description Psychologique :

Peu de personnes pourraient se vanter de connaître la personnalité complète de Gundar. Aussi vais-je tout simplement décrire les points essentiels.

C'est un homme qui a de l'empathie et qui essaie de comprendre tout ce qui se passe dans son entourage, dans ce qui l'entoure. Il analyse, prends notes des informations collectées, et agit selon les situations qui lui sont imposées. Il perd rarement son sang-froid mais sa colère peut être terrible. De nature calme et posé, il tient le même respect pour chaque étranger qu'il rencontre, et peut même paraître plus amical avec ceux qui le lui sont. Il n'est guère hostile mais son regard peut prêter à confusion. Est-ce qu'il est bien pensé de vouloir déranger cet homme ? Est-ce qu'il est sage de vouloir lui adresser la parole ? Aucune inquiètude.

Gundar respecte les civilisations et les différentes cultures du monde. Il aime voyager et ses découvertes lui ont appris plusieurs choses sur les anciennes ruines ou encore d'autres histoires sur des familles d'aristocrates ou de la noblesse, ainsi que l'histoire d'Astrune entre autre.

Fier, il ne tolère pas qu'on lui marche dessus et son caractère restera froid, bien plus froid que la chaleur qui émane de son corps. Il n'apprécie pas le mal, le chaos, la destruction et préfère un univers paisible où les êtres vivants se cotoient ensemble sans s'entretuer pour des raisons futiles comme l'argent, la gloire ou encore le pouvoir. Pour lui, tant que tout le monde est heureux, le plus possible, tout ira bien. Néanmoins, il n'est pas dupe. La vie est dure, compliquée. Ca, il le sait.

Serait-il capable de porter secours à une personne qui ne connait pas du tout ? Oui. L'entraide reste un des meilleurs moyens pour maintenir la tranquilité. Par ailleurs, Gundar n'est pas quelqu'un d'associal. Il est même bon joueur, rieur et un homme sympathique avec qui passer une belle soirée ou une bonne journée, même pour un temps limité.

Hélàs, il reste un Humain. En effet, il est plutôt attiré par les femmes, notamment celles qu'il trouve charmantes et surtout intéressantes. L'or, la fortune, il s'en préoccupe seulement pour pouvoir continuer de vivre auprès de la civilisation et son métier lui en procure bien plus que suffisamment; même si bien sûr, plus il y a d'or, mieux c'est.

Gundar aime créer, innover, inventer. Il ne déteste vraiment pas son travail en tant que forgeron. Fabriquer des armes, des armures, des oûtils, des matériaux, réparer des objets brisés, aiguiser des lames émoussées, et voir son client avec un grand sourire lors de l'obtention de sa commande est tout simplement un quotidien qui peut se révéler être un défi chaque jour. Même sans concevoir un article pour un client, le forgeron aime travailler le fer, manier le marteau sur l'enclume, et concevoir ses propres créations qu'il mettra en vente ou qu'il gardera pour lui-même.

Enfin, il n'est pas contre le fait d'aller vers l'inconnu. Il part souvent en expédition pour récolter les matières primaires, jugeant que celles qui lui sont livrées sont de mauvaise qualité; et il arrive parfois que quelques mésaventures lui arrivent de temps à autre. La nature n'est jamais prévisible, ni le destin.

Pour résumer le tout, Gundar est quelqu'un de sérieux, respectable. Il aidera celui qui en est dans le besoin s'il lui est possible d'agir. Derrière son masque d'homme froid, il est en fait quelqu'un qui a un coeur et qui, malgré ses défauts, restera le meilleur de lui-même, le plus longtemps possible.

C'est un homme libre.


~Particularités propres à votre espèce : Aucune

~Ce qu'il ou elle aime :

Son métier, la tranquilité, les sensations fortes, le métal, le cuir, le feu, la viande saignante, les fruits, nager, courir, forger, créer, inventer, innover, apprendre, les armes, armures et autres oûtils; la boisson et les femmes.

Evennie.

~Ce qu'il ou elle déteste :

Le chaos, la destruction, la perte de sang-froid qui fait prendre les mauvaises décisions et agir précipitemment ainsi que ceux qui sèment tout simplement le "pur" mal. Il déteste d'ailleurs tous ceux qui osent toucher aux êtres qui lui sont chers.

~Ses Peurs : La souffrance des personnes qui lui sont chères.

~Arme(s) : Ses gantelets, un couteau de chasse.

~Signe(s) particulier(s) : Des mèches rouges.

~Points forts :

Gundar est un excellent forgeron. Ses créations sont toujours de bonne qualité et surtout d'une efficacité sans pareil. Leur usure est peu fréquente et les commandes font sourire plus d'un client !

En tant qu'homme, Gundar est quelqu'un de bon, tout simplement. Il réfléchit bien, et ne mâche pas ses mots pour dire ce qu'il pense.

Physiquement, il est plutôt bien entrainé, mis à part le fait qu'il ne soit pas un véritable guerrier. A force de forger des lames, il lui est venu bien évidemment l'idée de pratiquer la maîtrise des armes. Aussi, parvient-il à manier l'épée, la hache, l'arc, l'arbalère, et toutes les autres armes. Bien entendu, il n'est pas aussi doué qu'un vrai soldat mais sa pratique lui confère déjà les acquis et les bases.

Voleurs durant sa tendre enfance, il est assez habile, agile et rapide. Ce sont des caractéristiques de roublard qu'il n'a toutefois pas perdues.

~Points faibles :

Un peu trop curieux, il lui arrive souvent des mésaventures qui le conduisent droit vers les portes de la mort. Sa recherche des sensations fortes lui fait courir des risques.

Son affection pour Evennie peut d'ailleurs être un parfait point faible.

~Capacité spéciale :

Le Créateur : Gundar est capable de réparer, monter, démonter, confectionner, n'importe quel objet en quelques secondes. Il lui faut un bref instant pour se concentrer avant que sa capacité ne soit lancée. On ignore d'où peuvent provenir tous les oûtils et matériaux qui surgissent de ses vêtements (encore plus étrange puisqu'il en porte peu). Cette capacité spéciale lui permet d'ailleurs de comprendre les architectures et les plans de construction ou de façonnage de différents matériaux. Donnez-lui le plan d'un aéroplaneur et il saura vous le construire en un court délai. Pour finir, cette capacité lui permet aussi de percevoir la façon dont l'objet a été monté et la façon dont serait l'objet monté.

~Talent secret :

Héphaïstos : Gundar maîtrise partiellement l'élément du feu. Pour cela, il lui faut tout d'abord une source de flammes (torche, bougie, feu de camp, etc...). Le forgeron est alors capable de contrôler le feu et de le faire croître, de le manier, de le maîtriser, de le modeler. Cependant, ses possibilités sont assez limitées. En effet, les flammes peuvent se coller à ses poings ou à d'autres parties de son corps. Il peut ensuite par exemple projeter un jet de flammes à une distance de deux mètres maximum. En produisant des mouvements vifs des bras, il peut laisser une trainée de flammes derrière le déplacement de ses mains. Ce ne sont que des exemples.

Ce talent lui confère aussi une résistance naturelle accrue aux flammes, voire même une immunité au feu d'origine naturel. Les flammes produites par les pyromanciens, étant d'origine magique, peuvent le brûler bien que les blessures et brûlures seront moins graves.

Cependant, en utilisant cette aptitude, Gundar est assoiffé, déshydraté. Une trop longue utilisation de son talent déssèche peu à peu sa peau et dans le cas le plus extrême, il finira calciné. C'est pourquoi, il a toujours sur lui une importante réserve d'eau potable; et c'est la raison pour laquelle il boit une grande quantité d'eau par jour (selon la fréquence d'utilisation de ce talent bien entendu).

Présentation d'Evennie


Evennie est une jeune demoiselle de 17 ans. Elle rencontra pour la première fois Gundar alors qu'elle n'avait que dix ans. Son passé est mystèrieux; tout ce que le forgeron sait, c'est qu'elle n'a guère vécu une enfance heureuse. Préférant se concentrer sur l'avenir de cette future femme, le descendant des Kaellwan ne fera plus attention au passé d'Evennie.

Elle est pleine de charme, d'énergie et de volonté. Malgré son caractère impulsive, très énergique, souvent joyeuse et souriante, elle n'en est pas moins sensible et possède un grand coeur. Cependant, une rose a des épines, et elle n'est pas du genre à se laisser manipuler; en plus d'avoir été entrainée par Gundar de temps à autre afin d'apprendre à se défendre.

Ses cheveux sont d'une couleur flamboyante et ses yeux prennent des tons chauds selon la saison, son humeur, mais restent naturellement rouge orangé. Au coucher du soleil, ses pupilles arborent un teint proche de celui du ciel. Les traits de son visage lui donnent un air enfantin.
Elle mesure 1m70. Plutôt athlétique, elle n'en reste pas moins une jeune femme au milieu de la jeunesse.

Sa loyauté et son affection pour Gundar sont des sentiments solides. Elle sait bien qu'elle doit beaucoup à cet homme, qu'elle considère autant comme un grand frère qu'un proche ami, qui a accepté de la recueillir. Elle adore travailler avec lui à la forge, en s'occupant des commandes, de quelques livraisons, et des clients. Quand Gundar part pour plusieurs jours, elle est souvent inquiète mais continue tout de même à rester de bonne humeur.

Evennie possède un talent secret : le contrôle du métal. Cependant, elle l'utilise rarement.

~Ma couleur utilisée : gold
~Lien de votre inventaire : Mon Inventaire
~Code : approuvé par Emy
~Narrateur/P.N.J : P.N.J
~Statut : Terminé
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MessageSujet: Re: Gundar Kaellwan   Mar 1 Juin - 18:51

~Biographie et Histoire :

I. La mort d'un Kaellwan

Rigaldo et Jenifael formaient tous deux un couple comme tous les autres. Ils venaient d'une région lointaine, là où les montagnes se dressaient à perte de vue et où un immense volcan grondait sans que son magma ne parvienne jusque sous les toits des maisons. Nombreux étaient les élémentaliste de feu qui apprenaient à maîtriser le pouvoir de la chaleur, de la fusion, et les élémentalistes de la terre qui se servaient du magma pour améliorer leur savoir sur la création de la terre et de sa manipulation.
Les deux jeunes personnes, âgés de 27 ans et 24 ans, donnèrent naissance à leur fils aîné, Gundar. La famille des Kaellwan était une famille aisée qui n'avait besoin d'aucune aide pour pouvoir résoudre ses problèmes et qui ne pouvait craindre l'hostilité d'une famille rivale ou d'ennemis potentiels.

C'est dans ces conditions que le jeune enfant grandit. Il fut aimé et eut une soeur, Adelia, puis un frère, Revan. Gundar fut un garçon curieux et qui apprenait vite. Il aimait beaucoup les histoires que lui racontaient son père, le soir, avant de dormir. Les légendes, les héros, les créatures mythiques, le passionnaient.

Ce fut lors d'un voyage, alors qu'il avait sept ans, que le petit garçon disparut.

Il était avec ses parents sur un bateau qui les menait vers la citadelle de Nandis. Sa soeur et son frère étaient restés dans la chambre avec la femme domestique quand le navire fut attaqué par des pirates qui ne purent repérer les gardes vêtus en civil. Une bataille sanglante s'ensuivit. Alors que la pagaille et le chaos régnaient, alors que des corps lacérés tombaient, les trois Kaellwan, qui se trouvaient encore sur le pont, fuyaient un groupe de pirates qui les avait pris en chasse. Rigaldo se défendit du mieux qu'il put tandis que son épouse portait leur fils dans ses bras et continuait à courir. Le père de Gundar réussit à mettre hors d'état de nuire deux des trois bandits mais le dernier lui asséna un coup mortel. Bien qu'il survécut à la blessure, Rigaldo ne put alors défendre sa femme et son enfant. Le pirate poursuivit Jenifael et la retrouva de l'autre côté du pont, acculée à un mur. Aussitôt, il se rua sur elle et la frappa, donnant ensuite un violent coup de pied sur Gundar pour l'éloigner de sa mère. Jenifael se débattit mais elle n'avait aucune chance contre le brigand. Elle réussit cependant à lui asséner un coup de genou au dessous de la ceinture, ce qui eut pour conséquence de faire reculer le pirate. Ce dernier, fou furieux, brandit son arme pour éventrer la mère mais fut stupéfait de voir un jeune enfant fondre sur lui avec un poing enflammé et lui brûler la main.
Ce fut après cette scène qu'un boulet de canon défonça la majeure partie du pont où ils étaient situés. L'onde de choc fit voler en éclat des copeaux de bois dans tous les sens tandis que le pirate fut éjecté en l'air et retomba sur des débris perforants. Jenifael, quant à elle, fut jetée en avant tandis que la dernière image qu'elle eut de son fils fut qu'il passa par-dessus bord.

Gundar fut considéré comme mort, noyé, son corps ayant complètement disparu dans l'océan immense.

II. Un Kaellwan devenu Pavels

Sous l'eau, le petit garçon était si faible. L'eau salée s'engouffrait dans ses poumons tandis qu'il mouvait ses bras et ses jambes inutilement pour remonter à la surface.
Il dût sa vie à une Hybride bien qu'il ne le saura jamais. Ce fut une femme mi-elfe/mi-poisson (on pouvait même dire une nymphe des eaux), attirée par le son des combats, qui le retrouva avant qu'il ne meurt noyé ou mangé par les requins. L'hybride le prit avec elle et l'emmena vers les rivages les plus proches. Là-bas, elle le déposa sur le sable afin de le réanimer : Gundar retrouva conscience mais n'eut que quelques vagues visions de cet évènement, tant il fut épuisé et affaibli. La jeune Hybride décida ensuite de l'amener vers le bourg le plus proche afin qu'on puisse l'aider.

Elle le porta dans ses bras écailleux et traversa des terres fertiles durant un temps qui parut infini. Le Soleil couchant donnait une nouvelle couleur au blé doré et offrait une teinte orangée au ciel et aux nuages immobiles. Au milieu du champ, seule la silhouette bleutée de l'Hybride se distinguait, avec une petite tâche colorée au niveau de sa poitrine.
Ce fut silencieusement, et sous une brise légère, que les deux personnages traversaient les vastes plaines. Le jeune enfant ouvrit alors les yeux. Ses yeux bleux aperçurent tout d'abord l'astre royal qui allait bientôt disparaître à l'horizon. Il tourna la tête et il découvrit alors le visage de celle qui lui avait sauvé la vie. Son visage était magnifique, et encadré par des écailles bleux comme l'océan. Sa chevelure était d'une blancheur sans pareille et ses pupilles l'étaient tout aussi. Gundar n'en aura que quelques flous souvenirs mais il était certain que l'enfant qu'il était avait été bercé par cette Hybride mystèrieuse.
Ses paupières se refermèrent lentement, le plongeant à nouveau dans l'obscurité.

A son réveil, il se trouva sur un lit moelleux, aux draps blancs. Le réveil fut d'abord difficile. L'Hybride l'avait déposé au seuil du domicile d'un couple de la quarantaine qui possédait déjà des enfants. L'homme de la maison avait alors recueilli Gundar.
Le jeune garçon se leva et quitta la chambre dans laquelle il se trouvait. Il ouvrit l'unique porte de sortie, traversa le couloir et arriva dans la salle de séjour où il découvrit la famille au complet. C'étaient des personnes honorables et amicales. On lui proposa de se joindre à eux et on lui offrit de quoi manger et boire.
Arriva le moment où on lui posa quelques questions. Gundar, encore méfiant, répondit tout de même. Il leur dévoila son prénom et son nom. Mais les Kaellwan n'étaient pas connus jusqu'à être célèbres dans nos contrées. L'homme et la femme lui demandèrent plus de détails. Cependant, Gundar ne put répondre à quoi que ce soit d'autre. Le père de la famille prévoya ensuite d'en parler aux autres habitants du bourg. Quant à lui, le jeune Kaellwan, il fut pris en charge par la mère et les autres enfants, qui étaient au nombre de cinq, et âgés de la fin de l'enfance à la fin de l'adolescence.
On ne voulut pas lui poser d'autres questions et on décida de l'envoyer, comme tous les autres garçons et filles, à l'école du village.

Les premiers jours furent difficiles pour Gundar. Il était encore perturbé par ce changement soudain, de cette perte soudaine de sa propre famille. Dans la cour, peu d'enfants venaient lui parler, et lui, il allait rarement leur parler.
Dans le village, la nouvelle parcourut toutes les maisons et tout le monde sut rapidement qu'il y avait un jeune enfant égaré qui vivait chez les Pavels. Personne ne sut qui pouvaient bien être les Kaellwan et les recherches s'arrêtèrent là.
Malgré le fait que certains habitants étaient très prudents envers les étrangers, qu'ils soient enfants ou adultes, la Mère des Pavels insista pour qu'il reste dans leur fôyer. Gundar, sans aucune autre option, ne put se résoudre qu'à ce choix.

Les jours suivants, durant le mois de Pyros, le descendant des Kaellwan alla travailler dans les champs avec les Pavels. Il ramassa les récoltes, cultiva les plantations, arrosa les légumes, apprit à s'occuper du bétail.

Plus les jours passaient et plus les liens se tissaient entre lui et les Pavels, puis enfin au reste du village. Le temps passait, lentement mais sûrment. Le calendrier tournait les pages progressivement après chaque nuit. Parfois, sa famille le manquait, son frère, sa soeur, sa mère, son père. Il était triste d'être loin d'eux; mais au lever du jour, cette tristesse disparaissait et le garçon s'épanouissait.

Kilvian, le chef de famille des Pavels, sut remonter le moral de Gundar lors des périodes où il se sentait nostalgique et mélancolique. L'homme et l'enfant se rendaient alors sur le toit de la maison pour contempler les étoiles et discuter. Bien qu'il n'avait alors que huit ans, Gundar réfléchissait déjà beaucoup et des doutes lui parvenaient déjà dans le coeur. Il se sentait mal à l'aise, comme s'il n'avait pas sa place ici, auprès des Pavels, qu'il était comme une sorte de fardeau pour eux. Même si ses "frères" et "soeurs" l'adoraient. Même si sa "mère" l'adorait comme s'il était son propre fils.

Kilvian n'esquissa qu'un sourire et expliqua à Gundar qu'il ne devait pas s'en faire pour cela. Ils étaient heureux de l'avoir comme fils et qu'ils l'aimaient aussi forts que s'il était un membre des Pavels. Si sa famille lui manquait, il pouvait toujours regarder le ciel étoilé et penser très fort à eux, à leur santé, à leur sécurité, à leur avenir, à leur destin. Il pouvait ainsi se comparer aux étoiles : elles étaient toutes dans le même univers, elles étaient toutes dans ce ciel, pourtant elles étaient éloignées, vraiment très éloignées les unes des autres, mais malgré cela, elles continuaient de briller, de s'épanouir. Les Kaellwan pouvaient se trouver aussi loin que possible les uns des autres, mais jamais ils ne seront aussi proches que dans le coeur, là où les émotions et les souvenirs, gravés à jamais dans la mémoire, resteront éternels.

Le jeune Kaellwan vécut ainsi auprès des Pavels une formidable enfance. Il ne se rendit même pas compte qu'une année était déjà passée. Il avait déjà huit ans.

Ce rêve prendra fin lorsqu'il avait neuf ans. C'était une nuit où la neige recouvrait les toits de chaque maison. Il faisait froid, et les cheminées étaient toutes allumées dans chaque foyer.

Gundar était chez des voisins durant l'après-midi, et il rentra alors tard le soir, comprenant qu'il sera puni de revenir à une heure aussi tardive, dans cette nuit froide.
Lorsqu'il arriva chez lui, il entendit du bruit puis des cris et enfin, il sentit une odeur inquiétante. La porte avait été fracassée, comme ouverte de force. Aussitôt, le petit garçon se rua à l'intérieur : le vacarme provenait du premier étage, des chambres. Ses pieds plongèrent dans des flaques de sang. La peur le fit frisonner mais il n'arrêta pas sa course.
Ce fut en haut de l'escalier qu'il vit le corps meurtri, mais encore vivant, de ses "frères" et "soeurs". Ceux-ci lui crièrent de s'enfuir et grognèrent ensuite de douleur, les larmes aux yeux, sanglotant.
Sans les écouter, Gundar ouvrit la porte de la chambre et il vit alros cet homme qui lui semblait grand, très grand. Il était vêtu de noir et sa peau était blanche, une blancheur de mort. Sur le lit, il y avait là deux corps, complètement ensanglantés. C'étaient ses parents, les parents Pavels. Et lui, cet homme, cet inconnu, aux longues canines pointues, à la bouche trempée de ce breuvage chaud et rouge, aux yeux de démons, il ne pouvait être que le tueur.

Un instant de silence s'installa dès que le jeune Kaellwan croisa les yeux du Vampire. Ce dernier souriait, apparemment satisfait de son repas et du carnage qu'il venait de causer. En riant, il annonça qu'il allait peut-être rester plus longtemps dans ce village tant ces proies étaient excellentes.
Une fureur, une haine, une rage meurtrière, envahirent l'esprit de Gundar. Son corps s'enflamma entièrement tandis que les chandeliers accrochés sur le mur s'embrasèrent en brûlant le plafond. L'enfant se projeta à nouveau sur l'assassin de ses parents et ses mains se collèrent sur les yeux du Vampire. Celui-ci ne s'était pas attendu à une vitesse si fulgurante et son visage fut brûlé par les flammes. Cependant, il donna un coup de pied au jeune garçon qui fut envoyé sur quatre mètres derrière. Ceci fait, il hurla de colère mais les cris des villageois l'empêchèrent d'achever ses victimes. Le plafond brûlé s'écroula alors sur sa tête et sa cape prit feu, lui carbonisant le corps. Se lamentant de douleur, l'être de la nuit eut de la peine à se dégager de sa cape. Le feu ardent lui avait déjà noirci la peau, les bras, calciné les cheveux. Il réussit néanmoins à s'enfuir par la fenêtre au moment où les habitants du bourg entrèrent dans la demeure des Pavels et sauvèrent les survivants des Pavels et à repêcher le corps des parents morts.
Gundar fut le seul dont il fut difficile de sauver. Son corps était enflammé, entièrement. Il criait. Il poussait un cri de désespoir mélangé à de la rage, de la tristesse d'avoir perdu à nouveau ses proches et il en voulait aux dieux de lui imposer cette destinée. Comment donc un gamin de neuf ans pouvait comprendre tout cela ? La maison s'effondrait et il valait mieux partir d'ici tout de suite. Un homme du village, assez brave et jeune, réussit à évacuer le garçon avant que la demeure des Pavels ne soit complètement à la merci des flammes. On apporta de l'eau, beaucoup d'eau, pour éteindre l'incendie et certains se demandèrent ce qui s'était passé; et pourquoi et comment Gundar avait pu prendre feu sans même subir ne serait-ce une brûlure.

Le chaos et la peur régnaient dans le village. Les corps ont été alignés sur le sol de neige. Les cinq enfants des Pavels étaient encore en vie et on leur prodigua des soins le plus vite possible. Quant aux parents, ils étaient malheureusement décédés.
Le petit Kaellwan pleura longtemps. Ses larmes chaudes coulèrent le long de ses joues.

Il se rappelait de ce moment précis, juste avant que les villageois ne pénètrent dans la chambre. Son père, Kilvian, et sa mère, Deneve, mourants, lui souriaient et lui murmuèrent leurs dernières paroles. Les mots "on vous aime" résonnaient encore dans la tête du petit garçon. Chaque larme versé exprimait son malheur.

Le lendemain, on confia les Pavels à un couple de personnes âgées. Quant à Gundar, beaucoup de doutes s'étaient posés à son sujet. Les habitants étant naturellement méfiants et craignant les mauvais esprits, décidèrent de l'éliminer dans les bois, profitant du fait que les survivants Pavels soient encore inconscients. Ils leur diront plus tard que Gundar, ne pouvant se pardonner d'avoir détruit leur maison, ne pouvant soutenir le choc, avait pris la fuite.

C'est ainsi qu'on amena Gundar dans la forêt, accompagné par quatre hommes, ses bourreaux. Auparavant, le petit garçon était allé voir ses frères et soeurs, et leur avait laissé un dernier message, message que les autres habitants du bourg ne connaitront jamais l'existence. Le fils aîné des Kaellwan suspectait-il qu'on allait s'en prendre à lui ? Peut-être... Peut-être que ce sentiment étrange qu'il ressentait au fond de lui depuis son arrivée dans ce bourg n'avait pas complètement disparu ? Sa place n'était peut-être pas ici ?

Au milieu des bois, Gundar s'échappa. Il sema facilement ses poursuivants entre les arbres, mais c'était sa détermination, sa volonté de fer, qui lui fit triompher.

Une nouvelle vie attendait Gundar, une vie qui s'approchait peu à peu de notre monde, celui que nous connaissons bien.

III. Le Forgeron

Quelques jours ont passé depuis qu'il avait pris la fuite. Il se trouvait encore seul dans la forêt et il se nourrissait de quelques racines nutritives qu'il pouvait arracher de la neige ainsi que de quelques animaux qui hibernaient. Il fut même confronté à prendre les quelques restes d'un vieu cadavre de caribou mangé par les loups.
Gundar survivait. Il avait certes froid, peur de se faire attaquer par un dangereux prédateur, mais il cherchait sans cesse une route, un quelconque sentier qui pouvait le conduire vers la grande civilisation. On lui avait informé que quelques autres bourgs et villages, comme celui dont il venait de quitter, étaient répartis dans toute la campagne, dans toute la région.

Il trouva enfin une route boueuse et peu fréquentée. Il l'emprunta et se hâta du mieux qu'il pouvait : son corps était faible, son ventre gargouillait, ses jambes ne le portaient que grâce à la force de sa volonté.
Quand il quitta alors la forêt, il découvrit une nouvelle plaine, et là-bas, au loin, sur la petite colline verte, s'étendait une ville. Soulagé d'avoir enfin pu s'en sortir, il se mit à courir, trébucha sur une pierre, roula le long de la pente, se releva, les vêtements tâchés de terre et des égratignures sur les genoux et les coudes, et continua sa course.
C'était une ville; une vraie ville. Il y avait des commerçants en masse, de nombreux passants et beaucoup de bruits. Les bâtiments étaient déjà plus hauts et plus impressionnants. S'il avait été impressionné par cette ville, qu'allait-il donc être pour les citadelles comme Nandis, dont on lui avait parlé ?

Maintenant qu'il était enfin arrivé dans un lieu peuplé, il partit tout d'abord se trouver de quoi manger. N'ayant pas de quoi payer, il pratiqua alors le vol à l'étalage. Il connut ainsi cette adrénaline d'être poursuivi à nouveau par des marchands ou encore des gardes. Il se fit attrapper une fois, puis lyncher. Cependant, ce ne fut pas le pire, on ne prit même pas la peine de le jeter en prison et on le laissa dans la rue après lui avoir règler son compte. Souffrant, blessé, le petit garçon n'en était pas moins démotivé.
C'est dans les ruelles sombres et humides de cette ville qu'il fit la connaissance d'un groupe d'enfants égarés, et voleurs. Le contact fut difficile mais bientôt, les autres garçons le prirent en confiance et il participa avec eux dans leurs vols et autres petits délits.
Les vols se faisant de moins en moins rares, les gardes prirent la décision de les arrêter une bonne fois pour toutes. Gundar sera le seul rescapé de son "groupe" de voleurs. De toute manière, il s'en fichait. Ils n'étaient pas non plus des amis, mais seulement des collègues. Le jeune Kaellwan était bien conscient qu'il pouvait aisément se débrouiller seul, même si cela eut été plus complexe.

Seul à nouveau après seulement quelques jours, il fréquenta les tavernes, avec les adultes. Il profita de l'ambiance alcoolisée pour dérober le peu d'argent que pouvait avoir les ivrognes. Néanmoins, il arrêta cette façon de procéder et préféra tout de même le vol direct dans les boutiques.

Sa vie en tant que voleur errant ne se résumait pas qu'à ceci. Gundar faisait des recherches et écoutait toujours les moindres rumeurs qui circulaient dans la ville. Il se servit des autres enfants pour se tenir au courant des faits divers et se fit même des amis avec les écoliers du coin.
Il se renseignait sur le meilleur moyen de se rendre à Nandis. Pourquoi voulait-il se rendre à Nandis ? Tout simplement parce que ça devait être sa prochaine destination.

Gundar tenta de temps à autre de s'embarquer clandestinement dans les chariots de marchands à destination de la grande cité de Nandis mais il échoua à chaque tentative.

Le temps passait tandis qu'il continuait de vivre dans la rue et à se battre contre d'autres jeunes dans son cas. La vie nocturne était dure et cruelle, presque semblable à la vie dans la forêt sauvage. Il n'était pas rare que le descendant des Kaellwan se retrouvait avec des bleux ou des coupures.

Peu à peu, le doute, la crainte, le désespoir, revinrent à nouveau dans son esprit. Petit à petit, il se laissa aller. Après tout, pourquoi aller à Nandis ? Il n'avait rien à faire là-bas finalement. Qu'espérait-il à vivre avec ce statut d'enfant égaré ? D'enfant oublié ? Sa vie n'avait alors aucun sens, aucun but. Son seul objectif était celui de survivre grâce à son instinct. Voilà tout.

Mais ce côté obscur de sa vie allait bientôt prendre fin, tout comme les pages de l'histoire qui passaient de la paix à la guerre, et de la guerre à la paix.

Le mois de Vita était arrivé. Gundar arrivait bientôt à la fin de sa dixième année de vie (il avait bientôt dix ans). Les arbres fleurissaient, le Soleil revenait et réchauffait paisiblement la ville dans laquelle le garçon se trouvait. Ce dernier n'avait pourtant pas changé, son ardeur n'était encore que plus intense durant ce temps pour voler les passants. Oui. C'était finalement le vol d'argent qui l'intéressait. Il n'avait plus à se faire poursuivre s'il parvenait à être suffisamment discret. Ensuite, il pouvait aisément utiliser l'argent volé pour se trouver de quoi manger et boire.

Dans une ruelle, il l'attendait, tapis dans l'ombre. Cet homme encapuchonné là-bas qui avançait seul sur ce chemin. Il allait être sa prochaine victime et jamais il ne pourra le rattraper.
Gundar se jeta sur lui et sa main frôla la ceinture de l'adulte. Ce dernier, soudain, fit preuve d'une habileté extraordinaire et plaqua le garçon au sol sans que celui-ci ne comprenne ce qui venait de lui arriver.

- Et bien.. On veut me voler petit ? Ce n'est pas très poli tu sais ?

- Argh... Lachez-moi !!

- Hahaha... Non non non, ce n'est pas à toi de me donner des ordres...

- Hmpf !

Le garçon réussit à se dégager mais fut rapidement rattrapé. L'homme l'empoigna par le col, le souleva de terre et le coinça contre le mur. Les yeux bleux croisèrent alors ces yeux gris et froids. Un instant de silence s'ensuivit. Les deux personnes se toisaient du regard. Enfin, l'homme esquissa un sourire et laissa retomber le gamin qui glissa le long du mur avant de se poser sur son postérieur, la main au cou, suffoquant légèrement. L'inconnu retira sa capuche et dévoila une courte barbe blanche ainsi que des cheveux courts, d'un blanc de neige tout aussi. Il n'avait pas l'air vieux pourtant. Son regard était encore perçant et il n'avait pas de rides apparentes.

- Que fais-tu ici seul mon garçon ?

- C'est... C'est pas vos affaires !

La question qu'on venait de lui poser l'avait perturbé. Jamais il n'aurait pensé qu'on lui parlerait de la sorte jusqu'à ce jour.

- Ah vraiment ? Très bien !... Bon, tu vas venir avec moi.

- Hein ?.. Que.. QUOI ?! Non ! Qu'est-ce que vous faîtes ! Aïe ! Dégagez !! Pauvre fou ! Vieux schnock !

- J'ai l'air aussi vieux ?.. Hahahahaha...

L'homme avait repris le gamin par le col et le trainait à même le sol malgré que le petit être se débattait de toutes ses forces. Où donc cet individu allait l'emmener ? Voulait-il le vendre comme esclave ? Voulait-il le soumettre à ses ordres ? Jamais !

- Arrête de gigoter ! Nous allons nous rendre à Nandis. Ca sûrment plus fréquentable que cette ville..

A ces mots, Gundar cessa aussitôt de bouger. Il allait enfin se rendre à Nandis. La chance lui souriait. Il suivit alors l'énergumène, sans pour autant faire preuve d'imprudence.
Ils prirent un convois et le jeune garçon jeta un oeil par dessus son épaule pour voir la ville rapetisser à vue d'oeil derrière lui.

- Comment t'appelles-tu ? Je n'aimerais pas t'appeler tout le temps par "toi" ou "hey".

- ....... Mgnunadar..

- Comment ? Parle plus fort et articule s'il te plait.

- Mm.. Gundar..

- Parfait. Moi, tu peux m'appeler Thorgal.

Gundar n'ajouta rien d'autres, et Thorgal non plus. Le voyage se fit alors dans le silence. Seul le bruit des chevaux et des roues sur la route animait leur chemin.

C'est alors qu'ils arrivèrent enfin à la grande citadelle de Nandis. Celle-ci était à portée de vue et Gundar s'était déjà penché par-dessus le bord du chariot pour contempler la magnifique cité. Elle était aussi impressionnante qu'on lui racontait. Son expression prit alors celle de l'émerveillement de l'enfance. Thorgal sourit.
Le convoi s'arrêta plusieurs fois, soit pour délivrer des commandes et autres marchandises, soit pour en recevoir. Au bout d'une heure, ils finirent par arriver à destination.

- Où sommes-nous ?

- Ici, nous allons chez moi mon jeune ami, et j'espère que tu te tiendras à carreau.

- Ha ! PAS QUESTION !!

Gundar profita de l'effet de surprise pour s'enfuir à nouveau. Il ne voulait sans doute pas rester avec cet homme étrange qui allait faire je-ne-sais-quoi de lui.
L'enfant fonça dans la foule et disparut à l'intérieur, bousculant, se faisant bousculer, et risqua même de se faire écraser par des chevaux. Un sourire de satisfaction s'était dressé sur ses lèvres. Il était enfin arrivé mais il lui fallait encore quelques centaines de mètres avant de franchir les grands remparts de Nandis.

C'est alors qu'une main s'agrippa à nouveau sur son col et le porta en l'air.

- Ce n'est pas très poli de s'enfuir comme cela d'une conversation. Aurais-tu oublié que tu as tenté de me voler jeune homme ? Chaque délit a pour conséquence une punition. Allez hop !

- Hey ! Encore vous ?! Dégagez je vous dis ! Laissez-moi tranquille !!

L'homme à la barbe blanche traina une nouvelle fois de plus le gamin derrière lui et s'approcha de sa demeure. Gundar refusa de lui porter un regard mais sa curiosité l'emporta.

Une forge ! C'était une forge comme aucune ne pouvait ressembler. Gundar ne s'attendait pas à un pareil bâtiment pour une "simple" forge.

Thorgal ouvrit la porte et le jeta au milieu de la pièce.

Il y avait là des armes, des armures, divers objets. Les murs en bois comportait des chandeliers et des tableaux de peinture. Dans d'autres coins, il y avait des meubles, des armoires, des étagères qui contenaient toutes sortes de figurines ou de schémas détaillés. Certains oûtils étaient même inconnus de Gundar qui ne finissait pas de se régaler de tout ce spectacle.

- Ca te plait ? On est ici chez moi, et aussi dans ma forge. Je suis Thorgal, forgeron et armurier.

- C'est...

- Maintenant, tu vas nettoyer les armures, faire la poussière puis tu t'occuperas de ranger ses épées près de la vitrine. Est-ce clair ?

Le ton de l'homme fit disparaître toute idée de fuite à Gundar et ce dernier commença alors à travailler.

C'était peut-être à partir de ce moment là que Gundar finit par rester avec Thorgal dans la forge. Quand il eut fini ses corvées, le forgeron revint avec des plats beaucoup plus succulents en récompense. Ils mangèrent tous deux ensemble puis le maître des lieux dévoila à Gundar les fonds de sa forge, là où il martelait le fer et concevait ses commandes et ses propres objets personnels.

Le jeune garçon ne comprenait pas pourquoi un homme comme Thorgal, qui lui était complètement inconnu, avait pu autoriser un voleur à vivre dans la forge à condition de travailler pour lui.

Avec la curiosité, Gundar finit par apprendre l'art du forgeron et à s'occuper d'affaires plus importantes que de simples homme d'entretien : son patron lui donna des tâches diverses comme des livraisons de commande, des aides pour concevoir une armure, des transmissions de messages ou encore de s'occuper de certains clients qui entraient dans l'armurerie.

Thorgal finit par adopter le petit garçon, involontairement, comme son fils et lui permit de suivre l'école.

Gundar, sans le savoir, avait noué un lien avec cet homme aux yeux gris. Il reprenait du plaisir à travailler dur et à vivre près de Nandis. Sa vie devenait peu à peu moins lassante, moins ennuyeuse. Il redevenait un simple enfant, comme tous les autres. Thorgal l'avait sauvé du destin misérable de pourrir dans les ruelles humides et dans les quartiers mal famés. L'homme enseigna à son disciple son savoir et répondit même à certaines questions existentielles du garçon. Celui-ci était donc finalement pris en charge, autant son éducation que son avenir.

Ainsi grandit-il auprès du forgeron. A 15 ans, il allait encore étudier et travaillait encore plus dans l'armurerie et la forge.

Ce fut à cette période de l'adolescence qu'il remarqua que, quand Thorgal lui confiait parfois la responsabilité entière de toute la forge, des commandes et des clients, il s'en allait, loin parfois, durant longtemps à certains moments et rentrait complètement épuisé. Le forgeron lui révéla un jour qu'il s'occupait de ses propres affaires personnelles : des affaires qui lui concernaient, lui seul.

Gundar s'inquiétait pour son instituteur mais il ne voulait pas le montrer. Lui, il devait d'abord s'occuper de lui-même, de ses études et aussi de la forge. Il le savait peut-être inconsciemment : il allait succéder à Thorgal et diriger cette forge. Thorgal n'avait pas d'enfants, ni même de femmes; d'ailleurs, le jeune homme ignorait même encore l'âge exact de son maître.

A la pensée que Thorgal poursuivait ses propres objetifs personnels en laissant Gundar se charger de la boutique, le jeune Kaellwan sentit en lui monter cette vengeance : le Vampire qu'il avait brûlé était encore en vie et il devait payer pour cela. En plus de cela, Gundar repensa à sa propre famille, les Kaellwan, et décida qu'un jour, il ira les rechercher. Cependant, les recherches et le voyage pouvaient être longs, très longs, et il ne prit pas le risque de partir à l'aventure tout de suite. Il se souvint ensuite des Pavels et se promit d'aller les voir, eux aussi.

Quand il y songeait, Thorgal ne devait pas être au courant pour son fabuleux talent qui était celui de maîtriser les flammes. Durant toutes ces années, le jeune homme avait appris à contrôler le feu sur son corps jusqu'à même aller au-dela de ses limites. Complètement asséché, il dût se reposer une semaine avant de reprendre du service.

Ses dix-sept ans arrivèrent enfin. C'était le jour où Thorgal disparut, laissant son dernier message adressé à son disciple, Gundar.

"Gundar. Je te confie tous mes biens. Désolé de ne pas t'en avoir parlé mais je devais partir au plus vite. Il y aura peu de chances que je revienne ici, près de Nandis, mais une chose est sûre, mon destin est fixé. Ne te laisse pas abattre mon garçon ! Ait foi en toi et continue vers l'avant !

Veux-tu connaître enfin la raison pour laquelle je t'ai accepté ? Toi, un pauvre voleur ? Je me rappelle encore de ton regard, oui oui. Tu étais acharné, déterminé, et l'obscurité masquait peu à peu ton visage. Tu sombrais dans l'océan tout comme tes yeux sombraient dans ce néant abyssal qu'étais la misère, le chaos. J'ignore, et j'ignorerai, ce que tu as pu vivre dans ton enfance mon jeune ami. Ce qui est certain, c'est que j'ai fait le bon choix de t'avoir recueilli.

Tu me rappelles quand j'étais enfant.

Au revoir Gundar. Prends soin de toi, petit !"


Une lettre d'adieu, voilà ce que c'était. Gundar ne versa aucune larme mais un étrange vide se fit ressentir. Il était devenu un homme et il finissait bientôt ses études. Ainsi, il pourra prendre la relève de la forge.

IV. Les Kaellwan

Gundar Kaellwan continuait ses recherches sur sa famille. Il allait souvent au coeur même de Nandis, auprès des mercenaires ou encore des académies militaires pour se renseigner à ce sujet. Il fit chou blanc dans ses débuts mais avec la persévérance, son acharnement lui offrit une belle récompense : il trouva dans les archives des représentants de l'ordre une demande déposée par les Kaellwan qui avaient perdu un fils au large de Nandis et qui voulaient à tout prix que des mesures soient prises pour qu'on retrouve au moins son corps. Les résultats n'avaient alors rien donné et l'affaire fut classée par une "disparition" complète du petit garçon.

Le jeune homme demanda alors aux autorités supérieures de lui confier les coordonnées de la famille Kaellwan. Celle-ci habitait dans une grande ville vers les montagnes de feu, là où un volcan grondait continuellement sans jamais relacher son magma sur les habitants des alentours. Cette ville se nommait Myrawkel.

Notre protagoniste fit arrêter les commandes, acheva celles qui étaient en cours, termina tout ce qu'il avait à faire et se prépara au voyage en direction de Myrawkel.

Au port, on lui désigna son navire et la traversée s'ensuivit dans les plus brefs délais.

Le corps paisible mais le coeur excité, anxieux, Gundar vit alors les terres rougeoyantes de son pays natal. En peu de temps, il gagna la terre ferme et prit son temps pour explorer à nouveau ce monde qui lui était si familier mais qui, à présent, lui était étranger. Des souvenirs d'enfance lui revenaient en tête mais il ne parvenait pas à se rappeler des images exactes. Il avait l'air d'un touriste à côté d'un habitant de Myrawkel : les vêtements étaient différents, la langue avait un accent différent, d'autres langues étrangères, encore plus étrangères que celles qu'il avait entendues à Nandis, étaient pratiquées.

Finalement, le forgeron demanda des informations sur les Kaellwan. Les réponses furent les suivantes : les Kaellwan sont partis. Partis ? Partis où ? On l'ignore tous.
Inquiet, il demanda le lieu où résidait l'ancienne famille. La demeure des Kaellwan se situait sur une colline, quelques mètres à l'écart de Myrawkel. Gundar se rendit sans plus tarder vers la direction indiquée.

Le manoir était là, en haut de cette colline. Ses murs avaient été recouverts par des plantes grimpantes et la terre sur laquelle elle était bâtie semblait avoir pris la teinte de l'obsidienne et durci. L'homme aux yeux bleus tenta d'ouvrir la porte mais sans succès. C'est alors qu'un oiseau au plumage rougeoyant, ressemblant à un rouge-gorge, arriva sur les épaules de Gundar, avec une clef dans son bec. L'oiseau rouge le lui donna avant de s'en aller.

La clef lui permit d'entrer dans son ancienne maison. Dès qu'il fut à l'intérieur, les souvenirs nostalgiques refirent surface. Il se rappelait de tout, de presque tout. Il parcourut lentement tous les recoins du manoir, passant par la salle de séjour, à la cave, aux chambres, etc.
Ce fut dans la cuisine où il découvrit un message. Un message qui lui était destiné :

"Nous sommes partis Gundar. Si un jour tu reviens ici, n'oublie jamais que nous ne t'avons jamais oublié et que tu resteras dans nos coeurs pour toujours.
Mère et Père ont toujours été tristes, je le sais, mais ils ont su être forts et survivre. Tu nous manques beaucoup aussi... Même si nous n'avons pas vécu assez de moments avec toi.

On t'embrasse !

Adelia"


Ils étaient partis. Partis pour toujours sans doute. Partis pour une autre place, voila ce qu'il en avait conclu. Ils étaient partis dans un autre monde. Ils étaient vivants, oui, mais seulement partis dans une autre place, un nouvel endroit.

Le jeune homme, âgé de dix-huits ans, serra le message entre ses doigts et se laissa gagner par ses émotions. Oui. Ils lui manquaient. Mais à présent, il était déjà libre et adulte. Il fut même surpris que ce sentiment qu'il avait pour sa famille n'avait jamais perdu de son intensité depuis dix ans. Gundar se souvint des paroles de Kilvian Pavels et se les répéta avant de s'en aller.

Il verrouilla la porte et redonna la clef à l'oiseau flamboyant.

Il rentra chez lui.

V. Evennie

De retour à Nandis, Gundar prenait le temps pour réfléchir à propos des Kaellwan. Il se sentait plus seul que jamais. Bien entendu, il était habitué à cette solitude, mais malgré ses nombreuses connaissances à travers la citadelle de Nandis, il ne pouvait combler le vide.

Il alla se désaltérer dans une taverne qu'il fréquentait souvent et en profita pour se détendre avec une demoiselle qu'il avait fait connaissance depuis un an.

En sortant, il faisait déjà nuit. Il était à moitié saoul et dans un état second après ses ébats avec la demoiselle. Le mal au crâne, il se dirigea vers la forge, rentra chez lui et s'endormit comme un loir sur son lit.

Les jours passèrent. L'activité de la forge reprenait son cours. Gundar essayait d'oublier ses dernières émotions et tâcha de faire son travail comme à son habitude, avec qualité et efficacité. Bien qu'il était discret, il recevait toujours des clients fortunés qui dépensaient beaucoup pour leur commande. De même, il était peu connu, ce qui ne lui attirait donc pas tant d'hostilités de la part des rivaux.
Pour s'occuper, l'armurier se façonna plusieurs équipements qu'il utilisa pour lui-même. C'est par cette façon qu'il finit par obtenir plusieurs pièces d'armures ou encore des tenues originales, exotiques, qu'il mit en vente parfois ou qu'il s'en servit.

Ce fut un beau jour lorsqu'il rencontra pour la première fois la petite Evennie. C'était dans une ruelle. Le forgeron faisait des courses et repensait à son prochain but : retrouver ce Vampire tueur; lorsque quelque chose fonça droit sur lui et le bouscula en arrière. Instinctivement, ses bras se serrèrent autour de la silhouette et la plaqua contre le sol, avec une pointe de colère, puis l'envoya coincer contre le mur, ses doigts se crispant au niveau du col. Sous la rapidité du geste, la capuche de l'individu se retira et dévoila le visage d'une fillette de dix ans. Les yeux bleux comme l'océan croisèrent ceux de la jeune fille, des pupilles rouge orangé, comme la couleur chaleureuse du soleil couchant..

- Pff... Me faire voler par une gamine. Qu'est-ce que tu pensais faire hein ?

- Lache-moi !! Arggrr !!

- J'arrive pas à le croire... ARGH !!

La petite fille venait de lui donner mordre les doigts. Sous la douleur, il la lacha; puis, pour finir, l'enfant lui asséna un violent coup de pied dans les parties avant de s'enfuir en détalant comme un lapin. Gundar n'avait rien compris à ce qui venait de lui arriver mais de toute manière, il se préoccupait plus de ses bijoux de famille que du sort de la gamine.
Prenant son courage à deux mains, se retenant de verser des larmes de douleur, le forgeron se mit à la poursuite de l'insolente. Celle-ci n'était pas partie loin, et de toute façon, il était bien trop rapide pour elle. Il la rattrapa en un clin d'oeil.

- Je te tiens !! Sale gosse !..

- Aïeuh ! Arrête ! Tu me fais mal !! Bhoooou !

- Bon sang, c'est pas vrai..

C'est à ce moment que Gundar se rendit compte de quelque chose. Il ne comprenait pas ce que cela signifiait tout cela mais la petite enfant lui inspira une émotion forte. Elle était seule apparemment. Ses vêtements étaient déchirés, en lambeaux, et si elle avait été femme, elle serait à moitié dénudée, en insécurité, sans aucune défense face aux hommes. Néanmoins, ce ne furent pas ces détails que Gundar prit en priorité en considération : elle semblait exténuée, autant physiquement que moralement. Son ventre était beaucoup trop plat pour être normal et ses cheveux emmêlés, mais qui pouvaient être d'un roux magnifique, étaient sales et poussiéreux. Il était évident qu'elle ne s'était lavée qu'avec ce qu'elle pouvait à l'extérieur.

- D'où viens-tu petite ? Tu ne sais donc pas que c'est mal de voler les passants ?

Ha ! Et c'est lui qui dit ça ?! A cette pensée, Gundar déglutit, avalant presque sa salive de travers et trouvant cela tellement étrange de tomber sur une voleuse.

- Arrête de te débattre comme ça aussi..

- Je ne me débats pas !! Lache-moi !! J'ai rien à te dire !

- Et en plus tu me tutoies...

C'était vrai : il était plutôt jeune pour un forgeron.

- Hahaha. Tu sais ce qu'on fait aux voleurs ? On les punit !

- Quoi ?!! Hey attends ! Qu'est-ce que tu fais ?!!

Gundar traina la voleuse jusqu'à la forge avec un sourire méchant. Il ouvrit la porte de la boutique et jeta la petite fille au milieu de la pièce. La jeune gamine contempla les alentours avec curiosité et une étincelle dans les yeux, une étincelle d'intérêt. Sans attendre plus longtemps, Gundar lui ordonna de nettoyer les armures et de faire la poussière.

- Comme si j'allais faire ce que tu m'ordonnes de faire ! Pauvre sot !! Beeeeeu !!!!!!

Elle lui tira la langue et Gundar eut de la peine pour se retenir de donner un petit coup sur la tête avec ses phalanges.
Mais à sa grande surprise, la jeune enfant prit le balais et commença à travailler, l'air grognon sans doute. En la regardant plus longtemps, Gundar trouva qu'elle lui ressemblait un peu d'ailleurs. Il se rappela de Thorgal.

- Comment t'appelles-tu ?

- Evennie.

- Oh.. Enchanté jeune voleuse. Moi c'est Gundar.

La petite enfant eut du mal à balayer tout le bâtiment tant celui-ci était grand. Ce fut à la nuit tombée qu'elle finit son travail.

- Très bien, prends ça et va-t-en maintenant. Je ne dirai rien aux gardes sur ta petite tentative ratée.

Gundar lui jeta un gros morceau de pain frais qu'elle s'empressa de manger. Vu son expression, elle était affamée et ce pain représentait bien plus que de la simple nourriture. Le forgeron esquissa un sourire et y ajouta une pomme qu'elle se dépêcha de croquer dedans avant que quelqu'un d'autre ne le fasse en premier.

- Je m'en vais maintenant. Au revoir !

- Au revoir Evennie. Et fais attention la prochaine fois, que je ne t'y reprenne plus !

Et la petite fille disparut derrière la porte.

Etait-ce une bonne idée d'avoir laissé cette gamine partir seule dans la nuit ? Gundar se posa cette question trop tard. Peut-être aurait-il dû lui proposer de dormir dans la forge. Non, pas question. D'ailleurs, il était temps pour lui d'aller à la taverne du coin.

Il sortit de la forge, plaça le panneau de fermeture puis se dirigea vers sa destination.

Ce fut sur le chemin qu'il la vit, la petite fille, dans une ruelle sombre. Elle était rouée de coups par des gaillards beaucoup plus grands et qui l'insultaient. D'après ce qu'entendit Gundar, elle était une voleuse qui travaillait pour eux et qui leur était soumise par la force. Si elle ne ramenait rien, elle était battue. A cette vue, le forgeron fonça et, sous une fureur mystèrieuse, les envoya dans le coma avant de prévenir les gardes.
Avant que ceux-ci n'arrivent sur les lieux, Gundar prit le corps de la petite Evennie avec lui et la ramena chez lui afin de lui prodiguer les premiers soins. La petite enfant était si fragile, si faible et son état inspirait de la pitié. Il n'aurait pas dû la laisser ressortir finalement. Gundar s'en voulut contre lui-même.

Le lendemain matin, Evennie se réveilla dans le lit moelleux et chaud. Elle avait encore quelques bleux et du mal à bouger. Ce fut toute étonnée qu'elle vit alors le forgeron lui apporter un petit déjeuner solide. Elle ne sut pas quoi dire et décida plutôt de manger en silence.

- Depuis combien de temps étais-tu avec ces hommes ?

- .... Je ne sais pas.

- Depuis quand es-tu seule Evennie ? Où sont tes parents ?

- Je ne sais pas... Je suis seule... Depuis toujours.

L'expression de la jeune fille était tellement triste et désolée que Gundar ne voulut pas lui poser d'autres questions. Il esquissa un sourire et frotta doucement sa main sur la tête de la gamine.

- Ce n'est pas grave. Repose-toi bien. Si tu as besoin de quelque chose, dis-le moi... Ah... J'allais oublier. Il y a de nouveaux vêtements pour toi. Mes voisins ont gardé les anciens vêtements de leur fille et me les ont donné quand je les leur ai demandés. Tu pourras les porter.

- Merci..

Gundar continua son travail et ignora ce qu'il allait faire de l'enfant. Il apprit quelques heures plus tard que les énergumènes qui l'avaient frappée ont été arrêtés par les gardes après que plusieurs témoins aient confirmé leurs violences sur Evennie. Tout était parfait pour le moment. Elle n'avait donc rien à craindre.

Evennie descendit du premier étage avec le plateau. Elle marchait doucement et tentait tant bien que mal de se rendre utile.

- Haha, tu en fais trop. Laisse-moi m'occuper de ça.

Etrangement, Evennie était bien silencieuse et son regard semblait gêné, timide, réservé. Gundar ne fit que garder le sourire amical le long de ses lèvres et il rangea lui-même le plateau dans la cuisine. Quand il revint, la jeune fille se tenait au milieu du couloir, semblant hésiter à lui dire quelque chose qu'elle avait au bout de la langue mais qu'elle n'arrivait à libérer. Le jeune homme aux yeux bleux attendit patiemment avec un regard narquois jusqu'à ce qu'Evennie se décide, au bout d'une quinzaine de secondes, à s'exprimer.

- Merci...

Gundar s'approcha d'elle et frotta sa main sur la tête d'Evennie avec délicatesse. Après cela, il se rendit dans la forge pour continuer ses commandes.

- Repose-toi bien, et sers-toi dans le garde-manger si tu as faim. Préviens-moi si tu sors.

Au lieu de cela, Evennie choisit de suivre le forgeron dans son atelier de travail. Quand elle arriva dans l'immense salle chaude et remplie de matériaux, de pièces détachées, d'oûtils, d'enclumes, de schémas, de plans de travail, elle fut émerveillée par cet univers si différent. On aurait dit un autre monde, un monde flamboyant où les flammes paraissaient telles d'incroyables phénix volant de fournaises en fournaises.
L'enfant aux yeux flamboyants découvrit donc le talent et l'aptitude secret de celui qui l'avait recueillie. Il savait contrôler partiellement les flammes et ses bras maniaient le fer et le marteau à la perfection.

Cependant, elle ne resta pas à cette place plus longtemps et alla se reposer à nouveau.

Les jours qui suivirent, Evennie resta pour travailler à la forge, en s'occupant des corvées. Elle était autorisée à occuper une chambre vide et Gundar lui permit d'aller à l'école, chose dont elle n'avait jamais connu alors qu'elle savait lire, écrire, compter et calculer. Ce furent d'ailleurs des capacités que le jeune forgeron ne s'attendait pas à retrouver chez une enfant de dix ans qui, parait-il, ignorait d'où elle venait, et qui justement ne pouvait aller à l'école.

Quoi qu'il en soit, Evennie, dès ces jours, vécut à la forge. Elle voyait en Gundar un grand frère qu'elle n'avait jamais eu. La jeune fille lui devait beaucoup et sa loyauté envers cet homme aux cheveux châtains grandissait au fil du temps.

Gundar profitait parfois de son temps libre pour laisser la responsabilité de l'armurerie à Evennie. Il allait alors faire un tour à l'extérieur, se rendait à la taverne, et surtout, il récoltait des informations, n'importe lesquelles, à propos des Vampires. Oui. Sa vengeance n'avait encore été assouvie. Ses recherches furent longues et laborieuses, trouver un Vampire en particulier était comme chercher une aiguille dans une botte de foin pour un simple Humain. Il lui fallait des connaissances chez les êtres de la nuit; et il en avait.

VI. Mordred

Six années étaient passées depuis la première rencontre avec Evennie.

Des informations qui venaient des villages dans les champs annonçaient une succession de meurtres. Tout d'abord mystèrieux, les cadavres retrouvés ont été examinés par des Vampires qui avaient prêté main forte aux Humains. Les révélations furent tout juste celles qu'attendait Gundar : les blessures avaient été causées par une seule et même personne, un dénommé Mordred. D'après les rapports donnés par les Vampires, Mordred était un Vampire sanguinaire qui avait perdu la raison de vivre suite à la mort entière de sa famille. De ce fait, il se laissa corrompre par son côté bestial et fut finalement découvert et poursuivi par des Paladins qui le blessèrent mortellement avant de disparaître dans la nature.

Le forgeron sut alors, qu'après avoir disparu, Mordred avait ressurgi au village et avait tué ses parents Pavels. A présent, il était proche de Nandis et ne tarderait sans doute pas à venir côtoyer les alentours de la citadelle, à ses risques et périls. Ce monstre avait dû retrouver ses forces depuis le temps.

Cependant, il était vain de chercher un Mordred calciné dans les rues de la ville en plein jour. Gundar était certain qu'il fallait le trouver puis le tuer durant la nuit. Il prépara chez lui des armes étranges et les imprégnaient d'eau bénite. C'est notamment ses gantelets qu'il conçut ainsi que des lames en cristal.

Evennie ignorait tout des intentions de Gundar. Elle était seulement inquiète du fait que ce dernier paraissait plus pâle que d'habitude. Malgré le fait qu'elle lui ait posé une multitude de questions, elle ne reçut aucune réponse, ou bien des réponses sans intérêt. Elle se résolut donc à le laisser tranquille mais elle n'arrivait guère à résister à la tentation de venir lui demander ce qui n'allait pas. Chose qui irrita peu à peu Gundar. Celui-ci ne voulait en aucun cas que la jeune demoiselle, âgée à présent de 15 ans, apprenne son passé ou encore d'autres détails sur son présent. C'était pour la protéger, ne pas l'inquièter. Il essayait tant bien que mal de cacher ce sentiment vengeur qui parcourait son sang tandis que de nouvelles morts étaient annoncées dans les rues.

C'était lors de cette nuit sombre et froide que Gundar retrouva pour la première fois depuis des années la piste de Mordred.

Evennie revenait tardivement d'une bibliothèque qu'elle était allée consulter pour étudier les différents peuples et de la guerre qui eut lieu entre les différentes races créées par les Dieux. L'adolescente, d'un charme rare, avait alors été suivie par une silhouette sombre. Consciente d'être épiée par un homme étrange, elle voulut se hâter de rentrer à la forge mais c'est en voulant prendre un raccourci qu'elle fut prise au piège. Son assaillant fut tout simplement Mordred, un être brûlé de la tête au pied et qui montrait des crocs aiguisés.

Luttant de toutes ses forces contre son agresseur, Evennie ne put réussir à s'enfuir ni à repousser ce Vampire hors du commun. Elle allait être vidée de son sang lorsqu'une flèche vint se planter dans l'épaule de Mordred et lui fit pousser un horrible cri de douleur. La flèche lui faisait atrocement mal : elle était bénite. De l'autre côté de la ruelle, Gundar était là, arc en main, le regard avec une expression froide. Aucun signe de colère, aucun signe d'excitation, seulement le calme froid qui entourait ce feu flamboyant qui brûlait derrière le vide abyssal de ses pupilles bleux.

Cependant, Mordred prit la fuite, laissant sa proie là où elle était, choquée, pétrifiée sur place. Gundar alla vers sa protégée, la porta dans ses bras avant de la ramener chez eux.

- Qu'est-ce que... Qu'est-ce que c'était ? Ce n'était... Ce n'était pas un homme ordinaire !... Gundar... Gundar !.. Dis-moi..

- C'était un Vampire Evennie. Je te prie de bien vouloir finir ta tasse de thé. Il te faut du repos après cette rude soirée.

- NON ! Je ne veux pas dormir ! Je veux que tu m'expliques !! Je le voyais dans tes yeux !! Tu le connais n'est-ce pas ?! Depuis tout ce temps je sais reconnaître les expressions de ton visage ! Qui est-il ?!

- Je ne peux pas te le dire, désolé. Bonne nuit.

- Gundar ! Attends !

- Le somnifère que j'ai mis dans ton thé devrait suffire...

- Quoi ?! Non ! Je...

Le forgeron laissa son amie et se prépara à sortir. Mordred ne pouvait être loin. Il s'équipa de plusieurs artefacts qu'il avait conçu durant toutes ces années pour combattre un Vampire. Il devait le retrouver. L'eau sainte qui trempait la flèche était suffisamment puissante pour pouvoir faire crier ce Vampire sanguinaire; et de toute manière, Gundar savait comment le retrouver.

L'homme aux yeux bleux déposa le long d'une allée complètement déserte du sang Humain, qui était le sien. Il plaça ensuite un mannequin vêtu de vieux habits en lambeaux, pour en faire un vieil homme meurtri. Pour finir, il ajouta des débris divers pour faire de ce lieu une véritable ruelle où des hommes se seraient battus. Le Vampire qu'était Mordred n'avait presque aucune humanité. Il devait être facile de l'attirer dans un piège aussi simple.
Gundar alla se cacher dans un coin contre le vent, de sorte à avoir une vue imprenable sur la ruelle et être situé dans un emplacement qui lui permettrait de décocher ses flèches sans être vu.

Au bout d'une demie-heure, Mordred revint à la charge. Il était exténué tant il se retenait de crier, d'exprimer sa douleur. Il aperçut le faux cadavre et s'en approcha, la langue passant sur ses lèvres. Lorsqu'il se baissa pour prendre la tête chevelu du mannequin, une flèche fut décoché et se planta dans son flanc droit. Nouveau cri de douleur.

Ses yeux rouges, avides de sang, se tournèrent vers Gundar qui fut surpris qu'il survive à une telle attaque. Le Vampire fonça sur lui à une vitesse fulgurante et le prit par le cou. D'un violent mouvement du bras, il envoya Gundar contre le mur d'en face et lui donna un affreux coup de genou sur l'estomac. Frappant encore, il éjecta l'Humain du mur en le jetant sur les débris de verres.

- Pauvre fou... Vouloir me tuer ! Moi ! Le mangeur d'Hommes ! Ne me fais pas rire !

Gundar se releva avec de la peine. Du sang jaillissait de ses plaies au niveau des bras et du flanc. Il enleva d'un rapide frottement de la main les verres plantées dans sa chair, ce qui eut pour effet d'aggraver les blessures.

- On va s'amuser un peu.. Haha... Argh...

L'eau bénite lui brûlait le corps. Son visage crispé et affichant une expression meurtrière démontrait toute la folie incontrôlée du Vampire. Il fonça sur Gundar, le prit à la gorge et courut durant quelques dizaines de secondes avant de le plaquer contre un mur. Sa force était titanesque, il aurait très bien pu rompre le cou du forgeron s'il le voulait.

- Tu vas brûler !! Hahaha !! Tu vas subir le même sort que moi, il y a quelques années !! Tu vas ENFIN comprendre ce qu'est la brûlure !! HAHAHAHA !!

Il y avait là une taverne qui était fermée. Près de la porte d'entrée, il y avait une énorme torche qui éclairait les lieux. Sa flamme était imposante et sa lumière, vive. Le Vampire retourna le corps de l'homme face à la torche et l'en approcha calmement, comme s'il savourait cet intense moment.

- Tu vas brûler !! BRULE !! Haha !!

Mais ce fut lui qui brûla : le corps de Gundar s'immola et les flammes ardentes qui se dégageaient de tout son corps léchèrent les bras du démon qui relacha son étreinte. Ses anciennes brûlures apparurent et il n'eut pas le temps de pousser un gémissement que des bras en flammes volèrent vers lui et l'étreignirent au niveau du cou et de la tête. Brûlant et souffrant, le Vampire asséna un violent coup perforant dans le ventre de Gundar et le projeta ensuite avec un coup de pied.
Le forgeron tomba à terre, presque inconscient, saignant de partout, tandis que le Vampire brûlé s'approchait de lui.

- Comment ? Comment ne t'ai-je donc pas reconnu ? Ces cheveux... Ces yeux... TU ES CE MÔME ?!

Une flèche siffla dans l'air et transperça l'arrière de son crâne. Mordred mourut sur le coup, juste après avoir découvert l'identité de Gundar.

Evennie était là, l'arc en main. Elle courut vers Gundar, les larmes aux yeux. L'homme aux yeux bleux ne comprenait rien de ce qui venait d'arriver. Comment Evennie pouvait être éveillée si elle était sous l'influence du somnifère ? De toute façon, il s'en fichait maintenant. Il n'allait pas s'en plaindre. Il se sentait simplement léger, très léger. La nuit lui paraissait froide et le vent le glaçait sur place. Ses oreilles captaient les cris, les suppliques d'Evennie et il ne sentit même pas qu'il avait levé sa main droite, rougi par le sang, pour caresser la joue, pour effleurer les cheveux, de cette jeune fille qu'il avait recueillie des années plus tôt.

- Ne... T'inquiète pas... Je ne... Mourirai pas...

Gundar esquissa un sourire puis il ferma les yeux tendrement, comme s'il s'endormait paisiblement. Au fond de lui, une flamme ressurgissait de plus belle. Une lumière blanche apparut dans son esprit et l'envahit entièrement.

Quand il rouvrit finalement ses yeux. Il était dans son lit et un plateau qui comportait son petit déjeuner était posé sur son chevet.

Il aperçut alors Evennie entrer dans sa chambre, un petit sourire dessiné sur son visage.

Les yeux rouge rubis croisèrent les yeux bleu océan.


Dernière édition par Gundar Kaellwan le Ven 4 Juin - 22:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Gundar Kaellwan   Ven 4 Juin - 22:15

Bonsoir Gundar !

Je viens donc commenter ta fiche, comme convenu … Et je peux déjà te dire que j’aime beaucoup ton personnage et, comme dis, j’apprécie la petite particularité des cheveux qu’il possède : Les mèches qui partent en indigo ou rouge, si je ne me trompe pas. Enfin … Je voulais surtout aborder un point important et qui ne peut pas être accepté, dans ta biographie. Je suis navrée, mais l’origine de Mordrer, comme tu as expliqué sa transformation en vampire, en mélangeant le sang de sa tendre ou par sa morsure, ce n’est pas faisable … D’ailleurs, je te propose d’aller voir plus de détail ici et comprendre pourquoi cette partie là t’es refusée … Tu comprendras donc que seul le roi et la reine vampire sont en mesure de vampiriser leur proie. ~ Les Suppléments ~

Il va donc falloir modifier ce point là.

Autrement, c’est une belle fiche de présentation. L'histoire est joliement comptée malgrè l'erreur que je t'ai citée ... Mais après, elle sera tout belle ! Je n’ai rien d’autre à rajouter. Je laisse les pouvoir à Elfwyn, je ne suis pas en mesure de te les accorder ou non, mais je les trouves pas trop mal, c’est une bonne idée, cette espèce de télékinésie sur les flammes [Déjà existante]. Et même si ce n’est pas mon genre, la capacité spéciale aussi peut s’avérer très efficace. Bon choix.

J’espère avoir bien cité les points qui n’allaient pas et, ainsi, te permettre de peaufiner ta fiche.
Merci !

Anaïs
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MessageSujet: Re: Gundar Kaellwan   Ven 4 Juin - 22:50

J'ai remplacé son histoire. Mordred est donc bien un Vampire à l'origine.
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Elfwyn
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Récits 3345
MessageSujet: Re: Gundar Kaellwan   Sam 12 Juin - 3:12

Bonjour Gundar,

Une bien longue présentation que voici, mais très bien contée. Je n'ai rien à redire quant à cette histoire nickelle, pour ne pas dire parfaite. Le reste aussi me convient, cependant, la capacité spéciale ... Tu ne pourras pas sortir un objet si il n'est pas dans ton inventaire au préalable. Ainsi donc, je te conseil de l'éditer, et de mettre tout le tas d'attirail en question.

Il ne me reste plus qu'à te valider, puisque tout est en règle. Tu peux donc aller signer le pacte sans oublier de faire ton profil, et commencer ton RP ^^

Bienvenu sur Les Sept Destinées Gundar.
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Gundar Kaellwan

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